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Appel
Date limite de soumission : lundi 23 mars 2026
Le monde contemporain est de plus en plus violent, clivant et déclinant. Les formes, les mécanismes, les stratégies et les logiques de résistance se multiplient au quotidien pour faire face aux multiples aliénations subies dans divers domaines. La politique, l’économie, la techno-science, la santé, l’environnement, l’éducation, la religion, la spiritualité, le genre, la sexualité, la culture, l’art, l’histoire, la cartographie, l’épistémologie et les médias, entre autres, constituent à la fois les causes et les conséquences des phénomènes de pouvoir et de résistance.
La notion de résistance et celle de transgression sont souvent liées et expriment l’idée d’ « une certaine extériorité », d’un au-delà de l’existant. « Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de décrire la manière dont un individu singulier, à travers un procédé qui est en général [l’art], réussit de manière volontaire ou fortuite à tenir en échec les dispositifs d’identification, de classification et de normalisation du discours. » (Revel, 2002 : 53) Résister, revient à agir sur le devenir individuel ou collectif par des actions qui déconstruisent « l’ordre du discours » dominant pour produire un contre-discours, une autre logique discursive alternative, autoréparatrice ou socioréparatrice. La résistance est ainsi sous-tendue par un rapport de force, voire de « biopouvoir », qui met en évidence une constellation de revendications, d’aspirations et donc de luttes individuelles, collectives, historiques, géopolitiques, idéologiques et symboliques.
Les phénomènes de résistance se jouent en effet dans les « relations de pouvoir ». Selon Foucault, le sujet s’inscrit au cœur de ces relations. Judith Revel souligne que « le pouvoir ne s’exerce que sur des sujets – individuels ou collectifs – ’’qui ont devant eux un champ de possibilité où plusieurs conduites [...] peuvent prendre place.’’ » De ce fait, il s’avère que « s’il […] n’y a de pouvoir qu’exercé par les uns sur les autres […], alors une généalogie du pouvoir est indissociable d’une histoire de la subjectivité ; si le pouvoir n’existe qu’en acte, […] c’est à la question du ’’comment’’ qu’il revient d’analyser ses modalités d’exercice, c’est-à-dire aussi bien l’émergence historique de ses modes d’application que les instruments qu’il se donne, les champs où il intervient, le réseau qu’il dessine et les effets qu’il implique à une époque donnée. » (Revel, 2002 : 47) Par ailleurs, tout comme la résistance implique la notion de pouvoir, le pouvoir convoque la notion de liberté. « C’est précisément en les rendant indissociables que Foucault peut reconnaître au pouvoir un rôle non seulement répressif mais productif (d’effets de vérité, de subjectivités, de luttes), et qu’il peut inversement enraciner les phénomènes de résistance à l’intérieur même du pouvoir qu’ils cherchent à contester […]. » (Revel, 2002 : 47) Il va sans dire que la liberté est productrice du pouvoir et moteur de la résistance et qu’il n’y a pas de résistance sans effets de pouvoir.
Le présent appel à contributions n’a pas pour ambition d’investir tous les champs et les modalités ou formes de résistance. Il s’intéresse aux poétiques et politiques des résistances exprimées à travers la littérature et les arts (théâtre, musique, cinéma, photographie, dessin, peinture, graffiti, etc.), particulièrement dans les pays francophones d’Afrique et des Caraïbes. L’ouvrage collectif voudrait répondre aux principales questions suivantes : comment les œuvres littéraires et artistiques de ces espaces géoculturels travaillent-elles la notion de résistance ? Autrement dit, quelles modalités, techniques, pratiques, tactiques et stratégies sont choisies ou déployées par les écrivains et les artistes africains et caribéens résistants ? Quels en sont les contraintes, les leviers et les enjeux en termes de création, de réception et de circulation de ces œuvres résistantes ?
Les contributions peuvent se pencher sur les axes de réflexion non exhaustifs suivants :
Résister avec le corps : nudité, tatouages, dreadlocks, scarifications, perçage, etc.
Identités/minorités résistantes : ethnicité, tribalité, race, sexe, genre, classe, etc.
(Post-)exil, (im)migration, déracinement et résistance
Résistances linguistiques, culturelles, éducatives, politiques, technoscientifiques, écologiques, etc.
Résister avec ou contre la spiritualité/religiosité : vaudou, christianisme, islam, etc.
Histoire, mémoire et trauma des figures résistantes
Cartorésistance, défaire/repenser les espaces coloniaux : recartographie, décartographie, frontières, extension, inclusion, fusion, etc.
Résister par l’onomastique, la rectification ou l’annulation : renommer/détruire les lieux de mémoire, les monuments, etc.
Résistances et censures
Théories résistantes et grammaires conceptuelles : afropolitanisme, essentialisme stratégique, mouvement épistémologique, littérature-monde, Sud global, Afrique-Monde, chaos-monde, Tout-Monde, Relation, archipélisation, créolisation, intersectionnalité, diversité, mondialité, décolonialité, pluriversalité, Ubuntu, etc.
Les propositions (résumés titrés d’environ 300 mots, suivis d’une brève bio-bibliographie) en français ou en anglais doivent être envoyées à ouvrageresistances26 chez gmail.com avant le 23 mars 2026.
Calendrier prévisionnel
Soumission des propositions : 23 mars 2026
Notification des auteurs : 6 avril 2026
Soumission des articles : 15 juillet 2026
Retour des articles expertisés : 28 octobre 2026
Soumission des articles corrigés : 30 novembre 2026
Publication de l’ouvrage : printemps 2027
Coordination
Jovensel Ngamaleu, CUNY
Agathe Dubois, Sorbonne Université
Jean Francky Guerrier, Université de Montréal
Blaise Doré-Caillouette, Université de Montréal
Page créée le dimanche 8 mars 2026, par Webmestre.