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Titre
« La route des chefferies »
Date
Du 5 avril au 17 juillet 2022
Descriptif

« La Saison culturelle du Cameroun à Paris est un grand événement artistique pluridisciplinaire. Elle regroupe des activités touchant l’ensemble des quatre aires culturelles du Cameroun, ceci dans le but de mettre en valeur les talents, la créativité et la puissance d’une culture diversifiée, inspirante et au service du développement durable.
A travers une programmation dynamique portée par des ambassadeurs de renom et la diaspora camerounaise, cette saison s’inscrit dans la grande exposition conçue par la Route des chefferies au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac et intitulée : « Sur la Route des chefferies du Cameroun. Du visible à l’invisible ».
Pendant quatre mois, d’avril à juillet 2022, la première édition de la Saison culturelle du Cameroun à Paris donnera à découvrir le visible et l’invisible qui constituent la force d’une culture au contenu insoupçonné. »

L’évènement se mettra en scène autour de trois temps forts majeurs :
- La grande exposition au musée du Quai Branly Jacques Chirac ouverte depuis le 5 avril
- la Parade royale des civilisations sur 2,5 km dans les rues de Paris (10 juillet)
- La Nuit des chefferies au Théâtre de la ville de Paris (9 juillet)

Elle sera aussi jalonnée d’activités et événements autour de la mode, la littérature, la gastronomie, l’art contemporain, le cinéma, la musique, l’artisanat et le tourisme.

La Saison culturelle du Cameroun à Paris est aussi un engagement social dans lequel se reconnaissent plusieurs entreprises et partenaires institutionnels. Elle est configurée pour donner à ces organisations une visibilité maximale auprès de la diaspora camerounaise et africaine ainsi qu’aux touristes potentiels qui auront l’opportunité de découvrir une nouvelle destination.


Titre
« Visages de l’exploration au XIXe siècle. Du mythe à l’histoire » : Exposition BNF
Date
Du 10 mai au 21 août 2022
Descriptif

La BnF célèbre le bicentenaire de la Société de géographie, dont elle conserve les archives, en consacrant une exposition à l’exploration au XIXe siècle. S’appuyant sur le fonds exceptionnel de la Société de géographie et sur d’importants prêts extérieurs, elle réunit près de 200 pièces qui permettent d’offrir un nouveau regard sur la curiosité savante, les «  découvertes  » de l’époque et plus largement l’entreprise exploratoire elle-même.

Fondée à Paris le 15 décembre 1821, la Société de géographie est un acteur majeur dans l’encouragement aux voyages de découvertes et la diffusion des connaissances géographiques. Tout au long du siècle elle accompagne les explorateurs, dirige leurs travaux et publie leurs résultats. À travers la présentation de carnets de notes et de croquis, cartes et photographies, instruments de mesure, objets et spécimens collectés sur le terrain, le parcours proposé aux visiteurs met particulièrement en valeur toutes les figures – femmes exploratrices, guides, interprètes, etc. – qui ont été les actrices et acteurs invisibles dans le récit et l’iconographie officiels de l’exploration européenne. Organisée en trois temps, la préparation savante, les pratiques de terrain, la mise en récit et en images au retour du voyageur, l’exposition offre aux visiteurs un nouveau regard sur l’exploration.


Titre
« Être colonisateur.trice, être colonisé.e » — Archives nationales d’outre-mer
Date
Du 7 au 9 juillet 2022
Descriptif

Cette manifestation se déroulera en deux temps :
- 7 et 8 juillet : journées d’étude « Être colonisateur·rice, être colonisé·e » (A.N.O.M)
- 9 juillet : journée de recherche « hors les murs » autour du thème « Marseille, ville coloniale et impériale », proposant une balade patrimoniale dans Marseille avec l’association Ancrages, suivie d’une table ronde en collaboration avec des membres du programme de recherche "Mars-Imperium" de l’université d’Aix-Marseille.
Les inscriptions sont obligatoires, et sont à faire parvenir à journeegrocanom chez gmail.com
Un live tweet est prévu sur le compte @groc_n_roll

PROGRAMME
Jeudi 7 juillet 2022 – 14h-17h

Panel 1 – Travail, travailleurs et pratiques de contrôle discuté par Iris Seri-Hersch

- Samuel TRACOL (CRHXIX, Sorbonne Université), Administrer le bagne : les agents antilloguyanais de l’Administration Pénitentiaire Coloniale (1852-1953).
- Armel CAMPAGNE (Institut européen universitaire), L’économie morale de la domination salariale et coloniale. Monopole de la violence "légitime" et rapports de classe "bienveillants" dans les mines de charbon du Vietnam colonial, 1897-1937.
- Chloé ROSNER (UMR TEMPS), Les acteurs de l’archéologie en Palestine mandataire.

Panel 2 - Au chevet de l’empire ? Soins, discipline et enjeux d’identification discuté par Silvia Falconieri

- Christine OROBITG (Aix Marseille Université, UMR TELEMME), Discours médical et transferts de pouvoir vers les élites créoles (Mexique, fin du XVIe siècle).
- Gaëlle ANTISTE (Université de Paris-CERLIS et EHESS-CIRESC), Soigner « les rebus de la société » et former de bonnes domestiques : Les soeurs de Saint-Paul de Chartres en Martinique, entre apostolat et mission civilisatrice (1848-1860).
- Paul MARQUIS (IMAF et Centre d’Histoire de Sciences Po), Un face-à-face colonial ? Les entretiens médicaux à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville (Algérie, 1933-1962).

Vendredi 8 juillet 2022 – 9h-15h

Panel 3 – Contourner, confronter et conforter les dominations

- Clémence LEOBAL (CNRS, Lavue), Une ethnologue au sein de l’administration du territoire de l’Inini : science, care et intimité dans la Guyane postcoloniale.
- Martino OPPIZZI (IHTP), La question coloniale au sein de la communauté juive livournaise de Tunisie (1930-1956) : de l’insouciance à une conscience critique.
- Anna NASSER (Scuola Superiore Meridionale), Eliminating slavery and protecting the empire : Jane Vialle’s role at the UN Ad Hoc Committee on Slavery, 1949-1951.

Panel 4 – Élites locales et administrations coloniales : une convergence d’intérêts ?

- Simon DESCHAMPS (Université Toulouse 2 – Jean Jaurès), La loge maçonnique comme espace de médiation : le cas de la communauté parsi de Bombay à la fin du XIXe siècle.
- Ziqi WU(EHESS), Negotiating with French Colonial Governance : Chinese Merchants and Local Society in Guangzhouwan from 1900 to 1920s.
- Myriam YAKOUBI (Université Toulouse 2 – Jean Jaurès), La coopération entre les Britanniques et les Hachémites au Moyen-Orient (1914-1958) : Interactions locales au service d’une domination régionale.

Panel 5 – Devenir colonisateur ? Ambiguïtés et bénéfices des circulations impériales discuté par Sara Legrandjacques

- Maud DRUAIS (Université de Paris-URMIS et l’université Laval au Québec-CIERA), L’approche micro-historique de la trajectoire de vie d’un colon libre en Nouvelle-Calédonie.
- Rachid OULAHAL (Université de La Réunion – Laboratoire DIRE), Les transportés algériens de Nouvelle-Calédonie - Mémoires et traces d’une colonisation subie et agie.
- Darlène KUYU (ENS-PSL, EHESS), Les étudiants « coloniaux » philippins à Madrid dans le dernier tiers du XIXe siècle (1869- 1898) : des colonisés comme les autres ?

Samedi 9 juillet 2022 – Marseille Journée « Recherche hors les murs »

MATINÉE

Balade patrimoniale dans Marseille avec l’association Ancrages
« Marseille, de la capitale coloniale à la ville-monde »
L’association Ancrages propose de revenir sur les événements liés à l’histoire de la ville de Marseille, en relation avec le fait colonial et impérial – construction du port de la Joliettes, expositions coloniales, migrations post-coloniales… La balade patrimoniale propose d’en souligner les traces urbaines, d’interroger le patrimoine statuaire de Marseille, en s’interrogeant sur la façon dont la colonisation a façonné la ville de Marseille.

APRÈS-MIDI

Table-ronde « Marseille, ville coloniale et impériale » avec :
- Vincent BOLLENOT (SIRICE)
- Julie RATEAU (TELEMMe)
- Céline REGNARD (TELEMMe)
- Pauline SAVEANT (TELEMMe)


Titre
« Mémoire autobiographique, récit de vie et transmission en contexte insulaire, interculturel et post-colonial » — Archives nationales d’outre-mer
Date
Dimanche 10 juillet 2022
Descriptif

« Dans le cadre de ce colloque, nous proposons d’analyser les processus de construction mémorielle autobiographique, de narration et de transmission dans le contexte des sociétés insulaires, interculturelles et/ou postcoloniales. Il s’agira de comprendre comment l’expérience de vie au sein de tels environnements peut y prendre place, parfois en filigrane.

Plusieurs questions sont proposées en préalable à ce colloque. En contexte insulaire, interculturel et/ou post-colonial, comment l’histoire que chacun conserve et transmet de son existence vient rendre compte des réaménagements identitaires du sujet et de son environnement, y compris d’une génération à l’autre ? Comment les histoires collectives et partagées viennent y signifier, elles aussi, ces réaménagements symboliques ? Quels modes de transmission des mémoires individuelles et collectives, de patrimonialisation ou de commémoration, peut-on y observer ?

Pour William Stern (1897), c’est par la mémoire que le passé continue d’exercer ses effets dans le temps actuel psychique. Sur le plan individuel mais aussi collectif, la mémoire s’inscrit ainsi au centre des expériences subjectives et intersubjectives de même qu’elle permet de rendre compte des effets de ces expériences dans le réel et le présent. Plus spécifiquement, la mémoire autobiographique est composée de souvenirs personnels sélectionnés selon leur degré de pertinence avec l’expérience du sujet (Conway, 2005). Elle est ainsi à la base du sentiment d’identité et de continuité du sujet dans le temps.

Ces souvenirs personnels sont également au fondement du récit de vie, reconstruction historique des événements personnels, et qui consiste ainsi en une verbalisation, à un instant donné, d’une succession d’événements contenus en mémoire autobiographique (Bloch, 1995). Ricoeur (1983) décrit le récit de vie comme une mimésis de l’action, une redescription qui rend compte de la temporalité du sujet et de son historicité. Ricoeur postule cependant que la réalisation du récit de vie correspond à une narration de l’entre-deux, entre l’histoire de vie du sujet et la mise en intrigue fictionnelle qu’il en fait.

La narration autobiographique s’inscrit dans une quête d’identité et de transmission des mémoires. Plusieurs méthodes et dispositifs, tant pratiques que de recherche, existent pour approcher la compréhension des productions mémorielles et leur transmission ainsi que de leurs effets sur les réaménagements identitaires, individuels et collectifs.

Dans le cadre de ce colloque international, nous souhaitons donc interroger la place de la mémoire (et en particulier la mémoire autobiographique), du récit de vie et de la transmission dans des environnements et espaces singuliers où se mêlent, s’entremêlent et se démêlent des parcours et des histoires d’insularité, d’interculturalité et/ou de post-colonialisme. Le point de départ de notre réflexion se situe dans le contexte des sociétés de l’océan Indien et notre objectif est d’étendre cette investigation au-delà et d’envisager des contextes multiples et variés à travers le monde présentant ces caractéristiques que sont donc l’insularité, l’interculturalité et/ou le post-colonialisme.

Nous invitons donc toute contribution permettant d’étayer cet objectif et de travailler ensemble à une meilleure compréhension de la place que peuvent prendre les constructions mémorielles individuelles, plurielles et collectives dans les représentations du soi, du collectif et de l’altérité au sein de ces espaces. L’hypothèse de similitudes mais aussi d’éventuelles différences issues de ces contextes pourra être présentée dans l’analyse des émergences et des transmissions mémorielles.

Ce colloque international se veut interdisciplinaire et puisera dans divers champs scientifiques (Psychologie, Neurosciences, Lettres, Anthropologie, Oralité, Sciences du langage, Sociologie, Histoire, Information et communication, Géographie, Droit…) afin d’apporter un éclairage large à notre réflexion.

Plusieurs questions peuvent ainsi donner une direction aux communications attendues lors de ce colloque :

- Quelles spécificités peut-on percevoir dans l’analyse de la mémoire autobiographique et des récits de vie au sein des contextes insulaires, interculturels et/ou postcoloniaux ?Des similitudes peuvent-elles être identifiées ? Complémentarités ? Divergences ?
- L’insularité, l’interculturalité et/ou l’histoire coloniale viennent-elles singulièrement s’inscrire dans la mémoire et les processus identitaires ? Qu’en est-il des processus patrimoniaux et de transmission ? Comment y penser le lien entre faits de mémoire, lieux de mémoire et mémoire des lieux ?
- Quels sont les récits nationaux et les romans familiaux qui s’édifient en relation avec l’expérience de l’insularité, de l’interculturalité et/ou de l’histoire coloniale ?
- Comment interroger la question de la mémoire dans les contextes marqués par l’esclavagisme et l’engagisme tels qu’on peut les retrouver dans les sociétés de l’océan Indien ou d’autres contextes insulaires ?
- En quoi un travail sur la mémoire et la transmission de soi dans des contextes de rupture (filiale, culturelle, symbolique…) permet-il de dégager du sens et de (re)tisser des liens à travers l’espace et le temps ? Un tel travail peut-il accompagner les questions contemporaines qui touchent à la réparation, à la pacification ?
- Quelles sont les dimensions thérapeutiques de la narration de soi dans des contextes marqués par le traumatisme collectif que représente l’expérience coloniale et post-coloniale dans une île inter/multiculturelle ?
- Quels processus individuels, interindividuels et transgénérationnels, peut-on singulièrement identifier lorsqu’il s’agit de mémoire et de récit de vie dans les contextes insulaires, interculturels et/ou post-coloniaux ?
- Dans ces contextes, quels sont les modes d’appropriation, de transmission et de réception de cette mémoire à travers les politiques publiques, les discours officiels, l’expression littéraire et artistique ? Quelles y sont les possibles transformations des discours mémoriels ?

Ainsi, ce colloque invite à considérer la mémoire sous ses multiples formes, entre mémoire de soi, mémoire de l’autre, mémoire traumatique, mémoire étrangéisée, mémoire de résilience, mémoire arrachée, mémoire perdue, mémoire retrouvée, mémoire conflictuelle, mémoire divisée, mémoire partagée… Ces diverses perspectives de la mémoire seront interrogées autant sur le plan épistémologique et méthodologique (recherche) mais il s’agira aussi de penser cela sur le plan pratique et professionnel (santé, patrimoine, éducation, politiques culturelles, sociales et économiques…).
Modalités de soumission

Les propositions de communication (résumé de 300 à 400 mots accompagné de 5 mots-clés + une courte biographie de 100 mots) sont à transmettre avant le 10 juillet 2022. à rachid.oulahal chez univ-reunion.fr

Un retour sera fait au plus tard le 24 juillet 2022.

Le colloque pourra se tenir selon une modalité hybride en fonction des contraintes sanitaires et des possibilités de déplacement des communicants et participants.

Procédure d’inscription : La participation à ce colloque est gratuite. S’inscrire par avance en envoyant un mail à rachid.oulahal chez univ-reunion.fr

Coordination scientifique

Rachid Oulahal, maître de conférences en psychologie, Université de La Réunion, Laboratoire DIRE (Déplacements, identités, Regards, Écritures), Membre affilié de l’Institut Convergences Migrations (2021-2025)
Thierry Malbert, anthropologue, maître de conférences, HDR en sciences de l’éducation, directeur du master « anthropologie sociale et culturelle de l’océan Indien », Université de La Réunion, Laboratoire LCF (Laboratoire de recherche sur les espaces Créoles et Francophones)
Clency Rennie, professeur, Département de psychosociologie et travail social, Université du Québec à Rimouski
Frosa Pejoska-Bouchereau, professeure des universités, HDR en langue, littérature et civilisation macédoniennes, co-directrice du master "Oralité", INALCO, Laboratoire PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique, Acquisition, Médiations)
Christina Alexopoulos, psychologue, German Oncology Center (Chypre), INALCO, Laboratoire PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique, Acquisition, Médiations), Université de Strasbourg, Laboratoire SuLiSoM (Subjectivité, Lien Social et Modernité)

Avec le soutien de l’Observatoire des Sociétés de l’océan Indien (OSOI)


Titre
« L’île : réalité, imaginaire, patrimoine et discours » — Archives nationales d’outre-mer
Date
Vendredi 15 juillet 2022
Descriptif

Colloque international organisé à l’île de Djerba (Tunisie) par l’Université de Sfax, le Laboratoire de Recherche Interdisciplinaire en Discours, Art, Musique et Economie (LARIDIAME, LR18ES23) et l’Université de Rouen Normandie Laboratoire de Recherche Dynamique du Langage in Situ, (DYLIS, UR 7474)

L’île échappe à toute tentative de définition unidimensionnelle : elle représente la nature dans sa pureté originelle et incarne un territoire où se réalisent à la fois un repli sur soi, une rupture avec l’ordre social et moral et une libération de toutes les contraintes. En réalité, l’insularité est une notion complexe, car elle est multidimensionnelle. De nombreuses disciplines se sont intéressées à l’étude de l’insularité telles que la littérature, la linguistique, la géographie, l’économie, l’anthropologie, la biologie, la démographie… L’île est un espace de séparation, d’isolement, "d’isoléité" (Jacques Rivière) et en même temps un lieu de rencontre et de fusion avec l’Autre. Elle est génératrice de silence, de vide mais également de mots, d’images, de formes, de genres et de discours insulaires. L’île n’existe que comme représentation de l’île. La perception de l’île n’est pas seulement fonction des particularités de ses réalités géographiques, mais suit la sémantique et la syntaxe de notre imaginaire. La réalité géographique ou la réminiscence historique sont indissociables d’une surimpression. Espace onirique, terre de l’utopie, centre spirituel originel, monde en réduction, image complète et parfaite du cosmos, poème, fragment discursif… Au fil des siècles, l’île a généré des mythes, des légendes et des récits fascinants et en même temps redoutables. Les premiers grands textes des lettres, L’Iliade, puis L’Odyssée d’Homère, ont pour trame des déplacements interminables d’île en île. D’autres poètes et conteurs ont perpétué cette tradition. Ils se sont inspirés de la riche matière insulaire pour inventer leurs œuvres, car, pour eux, « l’île permet une appréhension rapide de la scénographie dans laquelle se situe l’histoire » et où s’accomplissent les rêves (Alberto Manguel et Gianni Guadalupi (2001). L’île Corse, par exemple, occupe une place importante dans l’œuvre de Mérimée (Colomba), de Madame de Brady (L’Héritière corse) ou d’Angélo Rénaldi (La Loge du gouverneur). Il s’agit d’un lieu onirique dominé par des paysages poétiques et par une vie apparemment paisible, mais sous cette surface claire et transparente de l’écriture insulaire se trament souvent des drames : la vendetta, le sang et les larmes et les bandits parcourent des œuvres du XIXe siècle (« Histoire corse », « Un bandit corse » de Maupassant) ou du XXe siècle (Les Agriates de Pierre Benoit). Le résultat est une image paradoxale de l’île incarnant ainsi la vie et la mort, Eros et Thanatos. L’insularité échappe, donc, à toute tentative de définition figée. Elle change de sens, de formes et de contenu selon les œuvres et les courants littéraires et se reflète au niveau de l’écriture de chaque écrivain, de son esthétique, de sa langue et de son imaginaire. Bien plus, l’insularité est érigée chez certains auteurs en une vision du monde. Albert Camus qui est attaché charnellement à la Méditerranée, avoue : « d’une manière générale, j’aime toutes les îles. Il est plus facile d’y régner. » Cette île rêvée se réfère-t-elle à la mère de l’auteur de L’Etranger ou à l’Algérie, sa « mère-patrie » ? Il est bien difficile de séparer chez un écrivain le mythe insulaire du mythe personnel selon Raimond Trousseau (« Jean-Jacques Rousseau et le mythe insulaire »). Cependant, la réflexion sur la question insulaire implique deux difficultés : la première est liée à la détermination des caractéristiques de l’île. Doit-on la saisir comme une réalité géographique ou comme un espace imaginaire ? La deuxième difficulté est en relation avec les approches à mettre en œuvre : comment peut-on déterminer la spécificité de l’île, sa complexité, ses frontières et ses divers champs d’analyse ? Par ailleurs, existe-t-il des traits spécifiques à l’insularité et auquel cas de quelle nature sont-elles ? Ces caractéristiques liées à l’insularité déterminent-elles des configurations géopolitiques spécifiques, voire un contenu identitaire proprement insulaire ? L’insularité constitue-elle un marqueur identitaire ? D’un point de vue langagier, discursif et créatif comment se manifestent ces marqueurs identitaires ? Quels discours les populations insulaires tiennent-elles sur leurs îles et sur les territoires avoisinants ? L’insularité constitue-elle un rôle de démarcation ? Quelles sont les représentations sociales liées à l’insularité que véhiculent les littératures de voyage ? Comment se manifeste le fait insulaire dans la mémoire populaire collective ? L’ambition de ce colloque doit permettre de surmonter ces difficultés et de saisir la diversité des représentations des îles et la richesse de leurs configurations non seulement au niveau littéraire, mais également au niveau linguistique, artistique, historique et sociologique. L’île est tellement riche et variée qu’elle ne peut être considérée comme un simple décor, ni comme « un support topographique quelconque », mais comme « un espace métaphorique, investi par les rêves et la magie du verbe ». Une telle vision poétique a conduit certains auteurs à ériger l’île, leur île rêvée, comme un monde clos et autonome. Elle existe en elle-même, pour elle-même : « Mon île était le monde » (Jean Albany). Ce poète réunionnais, a créé son île grâce au créole et a tout inventé : les femmes, la mer les oiseaux, les fleurs, etc. Cependant, pour d’autres insulaires, l’île n’existe qu’en relation avec le continent. Elle n’est, pour eux, ni un paradis, ni un enfer, elle est plutôt le reflet du réel, marquée par le poids de l’histoire, de la vie politique, de l’idéologie et des normes sociales. Jean-Michel Racault (1992) soutient ce point de vue quand il dit : « Pour l’insulaire, l’île n’est ni cet espace festif en marge de la norme ni cette projection fictionnelle d’un ailleurs idéal, mais un lieu d’ancrage. » et c’est justement cet ancrage social, culturel, philosophique, esthétique, historique, patrimonial, dialectal, langagier et littéraire qui nous intéresse dans notre exploration de l’insularité. Certes un tel ancrage est souvent invisible et donc indétectable dans les textes littéraires, mais son identification et son analyse nous conduisent à mieux comprendre le jeu de révélation et de brouillage des œuvres et des discours insulaires. Telles seront les questions auxquelles nos invités, issus de divers horizons, essentiellement du monde de la recherche universitaire et de l’univers culturel et artistique pourront apporter leur expertise.

Modalités de contribution

Les propositions de communication, d’environ une demi page, (titre et résumé) accompagnées d’une courte notice biographique sont à envoyer uniquement par voie électronique à mutrabelsi chez gmail.com, foued.laroussi chez univ-rouen.fr et rhibi_chokri chez yahoo.fr avant le 15 juillet 2022.

Inscription

Les frais de participation (avec hébergement [3 nuitées] dans un hôtel 4*) :

350 euros pour les non-Maghrébins
500 dinars TND pour les Tunisiens et les Maghrébins

Frais de participation (sans hébergement) :

100 euros pour les non-Maghrébins
200 dinars TND pour les Tunisiens et les Maghrébins

Les frais d’inscription sans hébergement couvrent les pauses café, le déjeuner et le pack du colloque (y compris les activités culturelles et artistiques). Le déplacement restera à la charge des communicants

Calendrier
- 15 juillet 2022 : réception des propositions de communication
- 30 juillet 2022 : notification aux auteurs
- 5-6-7 décembre 2022 : Colloque international Juin 2023 : publication

Responsables : Mustapha Trabelsi, Foued Laroussi, Chokri Rhibi, Arselène Ben Farhat
Avec la collaboration du Groupe Scolaire International Les Nouvelles Générations, Djerba, de L’Association pour la Sauvegarde de l’Ile de Djerba, ASSIDJE

Comité scientifique

Arselène Ben Farhat, Maître-assistant, Université de Sfax
Chokri Rhibi, Maître de conférences, Université de Gabès
Foued Laroussi, Professeur, Université de Rouen Normandie
Lassaad Zouari, Professeur, Université de Sfax
Mehmet-Ali Akinci, Professeur, Université de Rouen Normandie
Mustapha Trabelsi, Professeur, Université de Sfax


Titre
« La mesure du travail à l’échelle des empires » — Campus Condorcet Aubervilliers, France (93)
Date
21-22 juillet 2022
Titre
« Labor and its measurements in Imperial context and legacies / Les mesures du travail en situation impériales et leurs héritages » — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
21-22 juillet 2022
Descriptif
Programme

Pour plus d’informations

21 juillet

Accueil 9h15-9h30

Introduction M. Bandeira E. Sibeud B. Touchelay

10-12h Mesure du travail et inégalités

- Antoine Fabre & Pierre Labardin (Sciences de gestion, U. Paris Dauphine), « La divulgation du prix de revient au service des travaux forcés : le cas de l’exploitation du caoutchouc dans les concessions d’Afrique Équatoriale Française (1899-1945) »
- Tom Westland (Post-doc U. Melbourne, Australie), « Crise du logement et évolution des inégalités en A.O.F, 1945-1960 »
- Guy Pierre (Université d’Haïti), « Les salaires et le niveau de vie des ouvriers en Haïti durant la période de 1940/42-1984/88 »
- Simon Imbert-Vier (Institut des mondes africains), « Faire carrière dans la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien (CFE), 1946-1981 »

13h30-15h Compter et classer

- Beatrice Touchelay (U. Lille IRHiS CNRS, France), “Compter et classer les travailleurs dans les territoires colonisées belges et français en Afrique au Vingtième siècle »

- Mélina Joyeux (Doctorante histoire U. Aix-Marseille TELEMMe), « Mesurer le travail des Algériennes en situation coloniale : autour de l’enquête générale sur la main-d’œuvre féminine indigène de 1929 » demande billet
- Thomas Zuber (Doctorant en histoire africaine U. Columbia, New-York, États-Unis), « Mesurer le travail des femmes rurales en Haute-Volta (années 1950-60) »

15h15-17h Table ronde

- Gareth Austin (U. Cambridge), « Le travail dans les colonies britanniques »
- Babacar Fall (IEA Saint Louis, U. Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal), « Le travail en Afrique de l’Ouest au XXe siècle ».
- Farid Lekeal (U. Lille), « Les transformations du droit du travail en ‘Afrique française’ »
- Sarah Stockwell (King’s College London), “Professional work at the (British) end of empire”

22 juillet

9h-11h Mesures du travail, réglementations et transitions politiques

- Jeannot Rasoloarison (U. Antananarivo, Madagascar), « Le Code du travail des Territoires d’Outre-Mer de 1952 et son application à Madagascar (1953-1960) »
- Marie-Christine Touchelay (IDHE.S Paris Nanterre, France), “Mettre au travail à la Guadeloupe avant et après la ‘départementalisation’”
- Roland Rakotovao (U. Antananarivo, Madagascar), "Les problèmes de main-d’œuvre dans les colonies. L’exemple des travailleurs malgaches pendant la décolonisation".
- Francois-Pierre Melon (Étudiant en histoire, relations internationales, U. Paris 1), « Mesures et emprise du travail en URSS dans le journal d’A.I. Dmitriev (1941-1955) »

11h15-13h15 Mesures du travail en longue période

- Madeline Woker (Lecturer, Visiting Assistant Professor in the History of France and the Francophone World, U. Cambridge, Great-Britain), “Taxation in the age of the “civilizing mission”
- Luis Carlos Soares (Fluminense Federal University, Rio de Janeiro, Brazil), “Technical development and mobilization of labor in nineteenth-century Brazil” (titre provisoire)
- Miguel Bandeira Jeronimo (University of Coimbra, Portugal), “The problem of productivity in late colonialism : international and interimperial dynamics”
- Annette Vogt (Max-Planck Institute for the History of Science Berlin, Germany), “Labour Statistics in Germany in the Twentieth Century”

Conclusions

Comité scientifique
Gareth Austin, University of Cambridge
Miguel Bandeira Jeronimo, University of Coimbra
Guy Pierre, University of Haiti
Laure Piguet, University of Geneva
Emmanuelle Sibeud, University of Paris 8-Saint Denis
Sarah Stockwell, King’s College London
Béatrice Touchelay, University of Lille


Titre
« La presse dans l’Empire colonial français 19e-20e siècles » — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
Dimanche 31 juillet 2022
Descriptif

Colloque international organisé par Le Mans Université, 21-22 juin 2023

Appel à communication

Les études de presse (presse périodique et revues) portant sur les espaces coloniaux sont encore relativement rares et commencent à peine à bénéficier des avancées conceptuelles et méthodologiques qui ont marqué le renouvellement en France depuis une quinzaine d’années de l’histoire et de la critique des périodiques en métropole (Blandin, Charle, Delporte, Kalifa, Mollier, Robinet, Thérenty, Vaillant…), elles-mêmes en partie tributaires du renouveau des études sur l’histoire du livre, de la lecture, et des pratiques culturelles liées à l’écrit (Chartier, Cavallo, Lyons, Lahire...). La presse des colonies (à distinguer de la presse « coloniale » publiée en métropole) n’est encore souvent convoquée que comme source documentaire, ou seulement évaluée en fonction du positionnement de tel ou tel titre dans l’échiquier politique local. La prise en compte des organes de presse animés par les autochtones est plus faible encore, à l’exception parfois de ceux qui ont hébergé un temps de grandes figures littéraires et politiques, et/ou qui ont joué un rôle explicite dans l’accession à l’indépendance. Or la presse périodique constitue un excellent point d’entrée pour étudier les transformations politiques, sociales et culturelles, et identifier au plus près le système complexe des interactions entre les différentes forces socio-ethniques en présence et au travail dans le cadre colonial – interactions qui ne peuvent être décrites seulement en termes d’imitation, de confrontation, d’aliénation, ou de simple transfert.
Centrées sur l’Empire colonial français (colonies, mandats, protectorats, concessions) et sur la période 1830-1960, les propositions peuvent porter (liste non limitative) sur les rapports entre la presse métropolitaine et la presse publiée dans les colonies, sur les liens entre les différents espaces coloniaux (emprunts, circulation des textes), sur les relations entre presse francophone et presse publiée dans les langues locales, sur le rôle de la presse dans l’émergence d’élites locales et dans les mutations culturelles et politiques des sociétés colonisées, sur l’articulation entre presse « autochtone » des espaces coloniaux et les modalités précoloniales locales de publication et d’information et enfin sur les problèmes d’accessibilité des collections, de localisation des fonds et l’usage des outils numériques en vue de leur exploitation.

Les propositions (300 mots environ) accompagnées d’une brève bio-bibliographie (150 mots environ) sont à adresser avant le 1er août 2022 à l’adresse suivante colloquepressecolonies chez gmail.com
Les participants seront notifiés le 15 septembre 2022


Titre
« Ethnologies militaires : Quelles relations entre les ethnologues – producteurs d’une science pratique, impliquée et appliquée – et l’usage de ces connaissances par les militaires ? » — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
Dimanche 31 juillet 2022
Descriptif

Scellant la collaboration entre la Société d’Ethnologie Française et l’Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, ce colloque international se tiendra les 17 et 18 novembre 2022 à la Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne à Rennes

Parler d’« Ethnologies militaires », c’est spontanément et dans un premier temps situer le propos autour de questions méthodologiques, sur des enjeux et problématiques de terrain. Si le colloque n’y échappera pas, il ambitionne avant tout d’élargir l’approche et de dépasser le stade de la seule ethnographie. Comme dans toute discipline, un regard réflexif sur la pratique de ses chercheurs est en effet toujours indispensable ; il doit être mené de manière régulière en vue de saisir ce qui, dans ce domaine, relève de tendances en cours, de ruptures et d’évolutions par rapport, notamment, à des logiques antérieures.

Axées sur le milieu militaire au sens large du terme, les communications des anthropologues, ethnologues, sociologues et autres chercheurs en sciences sociales, français et étrangers, permettront ainsi d’exposer au cours des deux journées les spécificités de leur rencontre avec les acteurs en uniforme : les enjeux inhérents à l’accès aux terrains, ceux des postures de recherche possibles et adoptées, les problématiques rencontrées avant, pendant et à l’issue de la recherche, en incluant le stade de la diffusion des travaux, etc. Pour autant, ces caractéristiques ne seront que des éléments destinés à questionner plus profondément les thématiques suivantes, qui alimenteront les axes et sessions du colloque.

Axe 1 : les liens entre l’ethnologie et les forces armées

L’ambivalence des rapports entre les scientifiques et ceux en charge de diffuser une foi et une religion ou l’usage instrumental des données du missionnaire ethnographe ont, tour à tour, suscité vives critiques et louanges. Quand Malinowski dénonce « ces hommes de Dieu qui privent les païens de leurs raisons de vivre en détruisant leurs objets de culte »[1], Rivet leur reconnaît « une plus grande familiarité avec la parole et la vie matérielle indigènes »[2].

Si comparaison n’est pas raison, les relations entre anthropologues et militaires peuvent, de la même manière, faire l’objet de tels questionnements, car s’inscrivant dans des contextes plus ou moins marquants pour tous les protagonistes. Longtemps accusée d’être née « d’une ère de la violence »[3] et du fait colonial, l’anthropologie a indiscutablement entretenu des liens complexes avec les pouvoirs politiques et militaires en action au cours de ces périodes[4] et dans l’optique de la constitution d’un savoir ; la guerre d’Algérie semblant porter un coup d’arrêt à cette collaboration ancienne.

« Péché originel » pour certains en raison d’un usage de la connaissance produite et de la mise en place d’une ethnologie impliquée et appliquée qui peut faire vaciller les positionnements savant et politique des scientifiques[5] ; illustration d’un intérêt potentiel d’une connaissance scientifique pour d’autres, les rapports entre l’ethnologie et l’institution militaire ne sont pas sans soulever de nombreux problèmes. Les interrogations posées par Leiris à ses collègues en 1950[6] peuvent encore se décliner et se compléter aujourd’hui :

- Comment s’articulent l’expérience ethnographique et les responsabilités de l’anthropologue vis-à-vis des Forces Armées ?
- Comment les acteurs militaires perçoivent-ils les ethnologues et les chercheurs issus des sciences sociales en général ?
- Comment les ethnologues assument-ils leur implication dans le système militaire ?
- Quid des « ethnologues en uniforme », dont la position pourrait être rapprochée des officiers coloniaux de l’époque, qui produisaient des carnets ?
- Quel est l’intérêt de regarder les questions militaires au prisme de l’anthropologie ?
- Quelles sont les relations avec les autres domaines des sciences sociales ?
- D’où vient véritablement l’affaiblissement de la collaboration entre ethnologues et militaires et peut-on aujourd’hui revisiter ces liens ?
- Quelles connaissances ont été produites ? Et en quoi ont-elles ou non été exploitées par les militaires ?
- Que sait-on de cette collaboration dans d’autres pays (on pense par exemple aux anthropologues embarqués et au dispositif HTS, Human Terrain System[7], déployé il y a quelques années par l’armée américaine) ? [...].

Ainsi, même si les chercheurs enquêtant en milieu militaire constituent une population restreinte, l’idée de ce premier axe est d’amener à éclairer, à partir notamment de cas et de travaux concrets, toutes ces questions sur les relations passées et actuelles entre les armées et l’ethnologie (ainsi que l’ensemble des sciences sociales et humaines déployant des méthodologies d’enquêtes similaires) ; sur la manière dont l’ethnologue s’accommode de l’usage éventuel de sa production scientifique par les acteurs militaires ; sur la façon dont il espère cet emploi et fait tout pour qu’il devienne effectif ; sur, au contraire, les difficultés à négocier ce passage d’une connaissance produite à une exploitation pratique des acteurs militaires.

Cet enjeu de la reconnaissance de l’utilité de la connaissance scientifique se pose pour tout chercheur œuvrant au sein d’une institution, quelle qu’elle soit. Toutefois, en raison de sa spécificité, l’Armée – parfois abordée comme une institution totale ou disciplinaire[8], à la suite des travaux d’Erving Goffman et de Michel Foucault - peut potentiellement être moins encline à laisser analyser et à voir remettre en cause son fonctionnement par des chercheurs ou encore à ne pas accorder de reconnaissance à la connaissance produite.

Au niveau de la communauté scientifique, il sera intéressant également de questionner la réception de tels travaux et collaborations, la reconnaissance ou non de l’objet et les controverses éventuelles qui peuvent en découler.

L’axe 1 illustre la manière dont, conjoncturellement et dans des contextes singuliers, une discipline scientifique et les travaux produits peuvent servir un projet précis. Il permet, à ce titre, de développer bon nombre de questionnements d’ordre général (conceptuel, éthique, utilitaire, etc.).

Axe 2 : Temporalités, espaces, diversités et approches contemporaines

Si l’axe 1 invite à une réflexion d’ordre plus général et conceptuel – voire historique et épistémologique – sur des postures, le second invite quant à lui à exposer plus en détail des productions scientifiques réalisées, en cours ou présentant une dimension exploratoire.

Les contributeurs pourraient, à ce titre, investir la notion de temporalité[9] en interrogeant les deux temps – ordinaire et opérationnel – qui caractérisent classiquement toute organisation militaire. En effet, quelles que soient les dimensions analysées (institutionnelle, structurelle, organisationnelle, fonctionnelle, culturelle…) le temps ordinaire (généralement associé au temps de « paix » même si cette association nous semble pour le moins restrictive) se distingue du temps opérationnel (qui ne comprend pas seulement l’activité combattante mais une diversité de fonctions). Pour chacune de ces périodes, se déclinent en effet des logiques propres à tous les niveaux préalablement cités ; il en résulte, de fait, des caractéristiques pour celui ou celle qui ambitionne de les étudier dans le cadre qui nous intéresse.

Les enjeux d’approche des terrains et des difficultés rencontrées peuvent alimenter les débats tant l’accès aux théâtres d’opération est difficile pour les chercheurs français, comparé à celui de certains collègues étrangers. Face à ces difficultés d’accès aux données et aux acteurs, les contributeurs veilleront à exposer les stratégies déployées et les moyens mis en œuvre en vue de surmonter les épreuves et de repousser les limites rencontrées (travailler sur des sources nouvelles : le courrier des soldats, les contenus des réseaux sociaux, etc.). Les contributions pourront notamment s’attacher à décrypter concrètement comment le passage d’une temporalité à l’autre impacte la pratique du chercheur.

La question de la temporalité introduit également une dimension structurante temps/espace[10] qui peut être explorée ; on pense tout particulièrement et à titre d’exemple à la temporalité dans le cyber espace ou encore aux diverses temporalités qui peuvent s’exprimer lors d’affrontements sur des théâtres d’opérations.

Les notions de genre et plus largement de diversité socioculturelle ou encore de rapports sociaux de classe pourraient constituer d’autres entrées possibles ; tant par le sexe ou le genre du scientifique (ce que le profil du chercheur ou de la chercheure engendre comme particularités dans le cadre du travail d’enquête et au cours des interactions avec les enquêtés)[11] que sur la façon dont le fait de travailler sur les questions de genre/diversité peut impacter la pratique du chercheur.

Cet axe appelle tout autant à faire connaître des champs novateurs (champs immatériels, domaine cyber, emploi de technologies particulières, etc.) que sur l’approche d’unités militaires singulières et peu ou pas abordées par le passé et bien sûr de la vie des personnels en uniforme au sein des bases, casernes, navires et en lien avec les territoires et l’identité de ceux-ci.

- Quelles sont les questions récurrentes traitées par les enquêtes anthropologiques sur les forces armées ?
- Quelles ont été ou sont les évolutions relatives à ces centres d’intérêt ? L’institution militaire exprime-t-elle des attentes spécifiques ?
- Quel est le niveau d’intervention des acteurs militaires dans la réalisation, le déroulement d’une étude et le stade de sa diffusion ? Etc.

A travers la pluralité de ces questionnements et domaines, les contributions au sein de cet axe 2 pourraient ainsi permettre d’établir des ponts avec d’autres disciplines, notamment la sociologie et les sciences de gestion.

La forme du colloque sera hybride, conjuguant mode présentiel et mode distanciel.

Modalités de soumission des propositions et calendrier :

Les propositions, d’une longueur de 3000 à 5000 signes espaces compris, accompagnées d’une bibliographie indicative ainsi que des titres, fonctions et appartenances institutionnelles de leur(s) auteur(s), devront être envoyées le 31 juillet 2022 au plus tard, à celine.bryon-portet chez univ-montp3.fr et claude.weber chez st-cyr.terre-net.defen...

Les propositions seront évaluées en double aveugle par des membres du comité scientifique, qui livrera le résultat de ses expertises début septembre.

Une publication des actes est prévue à l’issue du colloque, après évaluation des versions définitives des textes.

Comité d’organisation : Céline Bryon-Portet (professeur des universités, université Paul Valéry – Montpellier 3) et Claude Weber (maître de conférences, Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan)

Coordinatrice SEF : Audrey Higelin (Université Paris Nanterre, SEF)

Comité scientifique : Céline Bryon-Portet (Université Paul Valéry – Montpellier 3, SEF), Didier Danet (Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan), Said Haddad (Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan), Audrey Higelin (Université Paris Nanterre, SEF), Jean-Vincent Holeindre (Université Paris 2 Panthéon-Assas), Sébastien Jakubowski (Université de Lille), René Moelker (Netherlands Defence Academy), Anne Monjaret (CNRS, SEF), Caroline Moricot (Université Paris – Dauphine), André Thiéblemont (Colonel en retraite de l’Armée de Terre), Maren Tomforde (Staff College Hamburg), Claude Weber (Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan)

Bibliographie indicative

• Balandier Georges, « La situation coloniale : approche théorique », Cahiers internationaux de sociologie, n°11, 1951, p.44-79.

• Bryon-Portet Céline, « La tension au coeur de la recherche anthropologique. La dialectique intérieur/extérieur, théorie/pratique, une nécessité pour l’étude des institutions fermées », Anthropologie et Sociétés, vol. 35, n°3, 2011, p.209–231.

• Carreiras Helena, Castro Celso and Frederic Sabina (édited by), Researching the Military, Routledge, 2016.

• Coton Christel, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme, Marseille, Agone, 2017.

• Coton Christel, « Classer la sociologue, déclasser les pairs. Pratiques et registres de distinction en terrain militaire », Genèses, 2018/1, n°110, p.133-148.

• Deschaux-Beaume Delphine, « Enquêter en milieu militaire. Stratégie qualitative et conduite d’entretiens dans le domaine de la défense », Res Militaris, vol. 1, n°2, 2011.

• Deschaux-Beaume Delphine (ed), Research methods in Defence Studies – A Multidisciplinary Overview, Routledge, 2020.

• Dufoulon Serge, Jean Saglio et Pascale Trompette, « Marins et sociologues
à bord du Georges Leygues, interactions de recherche », Sociologie du travail, vol. 41, n°1, 1999, p.5-22.

• Dufoulon Serge, Jean Saglio et Pascale Trompette, Les gars de la marine : ethnographie d’un navire de guerre, Paris, Métailié, 1998.

• Fouilleul Nicole, Entre professionnalité traditionnelle et professionnalisation en cours : la cohésion dans les Troupes de Marine, Les Cahiers du C2SD, n°44, 2001

• Jankowski Barbara et Pascal Vennesson, « Les sciences sociales au ministère de la Défense : inventer, négocier et promouvoir un rôle », in Bezes Philippe et alii. (dir.), L’État à l’épreuve des sciences sociales. La fonction de recherche dans les administrations sous la Vème République, Paris, La Découverte, 2005.

• Lafaye Christophe, Alicia Paya y Pastor et Mathias Thura (dir.) , « La pratique des sciences sociales en milieu militaire : Une opération spéciale ? », Les Champs de Mars, 2015/2, n°27, p.67-81.

• Moricot Caroline, Agir à distance. Enquête sur la délocalisation du geste technique, Paris, Classiques Garnier, 2020.

• Pajon Christophe, « Le sociologue enrégimenté : méthodes et techniques d’enquête en milieu militaire », in François Gresle (dir.), Sociologie du milieu militaire, Paris, L’Harmattan, 2005, p.45-56.

• Teboul Jeanne, Le Corps combattant. La production du soldat, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2017.

• Thiéblemont André, « Les militaires sous le regard ethnographique », Revue Défense Nationale, n°6, 1983, p.73-87.

• Thiéblemont André (dir.), Cultures et logiques militaires, Paris, PUF, 1999, p.30-33 (« L’observation de l’intérieur »).

• Traimond Bernard (dir.), « L’ethnologie indigène », Cahiers ethnologiques, n°18, 1996.

• Weber Claude, « Ethnographie en milieu militaire », Cahiers de publications doctorales de l’université de Strasbourg, n°2, 2001, p.79-91.

• Weber Claude, A genou les hommes... Debout les officiers - La socialisation des Saint-Cyriens, Presses Universitaires de Rennes, collection « Essais », 2012.

[1] Bronislaw Malinowski, Journal d’ethnographe, Paris, Seuil, 1985.

[2] André Mary & Gaetano Ciarcia (dir.), Ethnologie en situation missionnaire, Les Carnets de Bérose n°12, 2019.

[3] Claude Lévi-Strauss, 1996 [1960]. « Le champ de l’anthropologie », in Anthropologie structurale II, Paris, Pocket, p. 11-44.

[4] Christine Laurière & André Mary (dir.), Ethnologues en situations coloniales, Les Carnets de Bérose n°11, Paris, Bérose - Encyclopédie internationale des histoires de l’anthropologie, 2019.

[5] Jolly Eric, « Ethnologie de sauvegarde et politique coloniale : les engagements de Marcel Griaule », Journal des Africanistes, 2019, t. 89, fasc. 1, p. 8-31.

[6] de Suremain Marie-Albane, « Faire du terrain en AOF dans les années cinquante », Ethnologie française, 2004/4 (Vol. 34), p. 651-659.

[7] Julien Bonhomme, « Anthropologues embarqués », 2007. https://laviedesidees.fr/Anthropologues-embarques.html

[8] Colloque Ethnographies plurielles #11- Société d’ethnologie française : Institutions totales - Évolutions et usages du concept au XXIe siècle – Campus Condorcet Aubervilliers – 29 et 30 novembre 2021.

[9] Sur ces problématiques, voir les travaux de M. Bessin avec notamment : Grossetti, Michel, Marc Bessin, et Claire Bidart. Bifurcations. Les sciences sociales face aux ruptures et à l’événement. La Découverte, 2009.

[10] Caroline Moricot, Agir à distance. Enquête sur la délocalisation du geste technique, Paris, Classiques Garnier, 2020.

[11] Anne Monjaret, Catherine Pugeault (dir.), Le sexe de l’enquête. Approches sociologiques et anthropologiques, Lyon, ENS éditions, coll. « Sociétés, Espaces, Temps », 2014.


Titre
« Transformations rurales au Maghreb : pratiques, acteurs et enjeux تحولات الأرياف المغاربية : الممارسات والفاعلون والرهانات » — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
Lundi 15 août 2022
Descriptif

Le Centre Arabe des Recherches et d’Etude des Politiques, Tunis, et le Centre des Etudes et des Recherches Economiques et Sociales de Tunis, annoncent l’organisation d’un colloque international intitulé « Transformations rurales au Maghreb : Pratiques, Acteurs et Enjeux » qui se tiendra le 16 et 17 Février 2023.

Les chercheurs des diverses disciplines en sciences humaines et sciences sociales sont invités à participer aux travaux de ce colloque en envoyant leurs soumissions scientifiques à carep.ceres.colloque.rural.2022@gma..., au plus tard le 15 août 2022.

Texte Appel
Fiche inscription

La taille de la population villageoise et celle des zones rurales ont, de par le monde, connu une baisse remarquable. Les campagnes ont reculé du fait de l’accélération de l’urbanisation et de la reconstruction ; et le pan de La population rurale restant stable dans ses espaces était soumis aux politiques de reconstruction élaborées par les politiques des pays modernes, qui l’ont annexé au tissu urbain, devenant de ce fait démographiquement minoritaire. La population rurale mondiale avoisine trois milliards, dont 2,6 milliards, soit 86%, travaillent dans le secteur agricole. Il y a plus d’un demi-siècle, Henri Mendras, conscient des dénouements prévus, concernant le monde des villages et des terres, proclamait la "fin des paysans" et la naissance de professionnels agricoles qui organisent leur production selon le mode de production capitaliste[1]. Toutefois, les travaux récents de nombreux spécialistes dans le domaine des sciences sociales (histoire, géographie, sociologie…) tendent à relativiser les conclusions de Mendras prévoyant des transformations et de changements profonds (l’émergence de nouveaux mondes agricoles). Ces travaux se sont volontairement éloignés de l’utilisation de concepts tels que « la campagne » et « les paysans » préférant un nouveau lexique qui apprécie les transformations qui s’opèrent dans le monde de l’agriculture et des agriculteurs. Ces paradigmes reposent sur un certain nombre d’hypothèses nouvelles, considérant que le modèle de modernisation qui s’est opéré dans les villages et les campagnes n’était pas "destructeur", car ces mondes ont fait preuve de beaucoup de résistance, d’adaptation et de sélection[2]. De nouvelles interrogations se sont, de ce fait, posées quant aux capacités des paysans/agriculteurs et des sociétés/communautés rurales à reproduire les conditions de leur propre survie, voire leur pérennité. En fait, la campagne connaît aujourd’hui de nombreuses transformations à différents niveaux. Ses structures sociales se re- façonnent, se désagrègent et se reforment sans cesse, et ce sous l’effet des interventions de divers acteurs. C’est d’ailleurs ce qui met la campagne au sein même d’une dynamique reflétant un processus de reproduction permanente.

Les transformations des campagnes au cours de l’histoire maghrébine ont représenté l’un des sujets- objets de recherche les plus importants dans le débat scientifique de ces dernières décennies et ce, dans diverses disciplines telles que l’histoire, la géographie, la sociologie, la psychologie sociale, l’économie, l’anthropologie, les sciences agricoles, l’urbanisme, les sciences de l’énergie, etc. Mais malgré cet intérêt multidisciplinaire, tout chercheur traitant le monde rural est confronté au problème de sa définition conceptuelle, problème qui reste encore entier.

Dans ce cadre d’idées, l’on propose de soulever la thématique du Monde rural en proposant les six axes suivants ;

Axe 1. Les campagnes maghrébines : théories et paradigmes

Traditionnellement, le monde « rural » (voire, en extension, la ruralité comme étant un concept en évolution) est défini comme étant un mode de vie résultant de l’intériorisation d’une culture particulière (l’approche sociologique), ou comme étant un espace qui doit être rationnellement développé-viabilisé et réparti (l’approche géographique et urbaine), ou comme étant celui d’une activité économique qui doit être développée par des modes et rapports de production (l’approche économique). Indépendamment de la multiplicité des approches et de leurs différences, ce qui les unit est leur focalisation sur trois dimensions fondamentales : la première est celle de la primauté des activités agricoles et pastorales au niveau des formes d’organisation socioéconomique. La deuxième dimension, c’est la culture spécifique qui se traduit dans le système de valeurs dominant (rôle de la famille, propriété foncière, traditions, coutumes, etc.) ainsi que les modes de vie (autoconsommation, travail, solidarité villageoise, etc.), en contradiction avec les valeurs citadines. Troisième dimension enfin, celle des particularités du mode d’exploitation de l’espace et de l’utilisation des ressources naturelles (en particulier la terre et l’eau), à travers une occupation à grande échelle du territoire résultant de la dispersion démographique et de sa faible densité[3] qui décroit continuellement. Dans cet ordre d’idées, l’on se pose un certain nombre de questions dont les plus importantes sont : Comment définir aujourd’hui le monde rural maghrébin (la campagne maghrébine) ? Comment tracer ses frontières ? Parle-t-on d’un ou de plusieurs mondes ruraux ? Quelles sont leurs spécificités et particularités ? Quels sont les principes théoriques de base pour étudier et analyser les mondes ruraux maghrébins ? Quelles en sont les principales discussions théoriques et épistémologiques ? Quels en sont les enjeux théoriques actuels et futurs ?

Les sciences sociales au maghrébin, dès leur naissance, se sont intéressées au monde rural et à ses transformations. La période coloniale a été témoin d’un large intérêt pour l’étude des coutumes des paysans, des tribus, des bédouins et des sociétés rurales locales. Parmi 48 thèses de sociologie soutenues en Algérie entre 1880 et 1962 dans ,11 parmi elles ont traité de l’agriculture, des paysans, de la société rurale et de ses transformations, ceci sans parler d’autres publications, qui s’inscrivent dans le cadre de l’anthropologie coloniale et dont les auteurs n’étaient pas des spécialistes académiciens (médecins, militaires, voyageurs, biologistes...), mais ont démontré un large intérêt aux différentes composantes de la société rurale, à la dynamique de son fonctionnement, aux liens entre ses membres et à ses modes de production[4].

Revenir sur ces études fondatrices permet de dresser un tableau relatif au passé des mondes ruraux maghrébins et d’examiner les différentes transformations qui se sont opérées en leur sein du fait de la succession des politiques nationales d’une part et des transformations universelles imposées par la révolution industrielle et l’expansion ultérieure du capitalisme et du tissu industriel d’autre part. Cette expansion s’est faite au détriment du monde rural et a conduit à de nombreuses crises, nécessitant des programmes de réhabilitation de l’économie, qui ont eu un impact profond. Ces mutations soulèvent de nombreuses questions et problématiques dont les plus pertinentes sont : Comment le monde rural maghrébin s’est-il développé et par quelles étapes était-il passé ? Quels étaient ses rapports historiques avec le pouvoir et le centre citadin ? Comment les rapports de production s’y sont-ils composés et tissés ? Comment ont-ils affecté les structures sociales traditionnelles ? Quels étaient les effets et impacts de la mécanisation sur le monde rural ? Quelles sont les transformations dont il a été témoin lors des mouvements nationaux et quels ont été son apport et sa contribution à ces mouvements ? Quelles sont les transformations les plus importantes qui s’y sont produites avec l’avènement de l’État post-colonial ?

Axe 2. Le Maghreb rural : transformations des structures sociales et anthropologiques

L’intérêt pour les campagnes maghrébines s’est poursuivi pendant la période postcoloniale. Les recherches sociologiques pendant la première période d’indépendance, à partir du milieu des années soixante du XXe siècle, étaient orientée vers l’étude de deux thèmes principaux : la résistance au colonialisme (Décolonisation) en relation avec la construction nationale ; et le changement social en rapport avec les trajectoires de développement et les enjeux imposés par le cadre politique international de l’après-Seconde Guerre mondiale. L’objectif de cette orientation générale était de comprendre les profondes mutations que connaissaient les sociétés maghrébines. En Tunisie, par exemple, six des dix premières thèses soutenues par la première génération des chercheurs en sociologie, traitaient des problèmes liés aux transformations du champ rural dans le cadre des politiques de modernisation adoptées par l’État postcolonial[5]. Ces transformations imposées par les politiques publiques post-coloniales ont engendré de nouvelles problématiques, dont les plus importantes étaient le déclin de l’espace rural dû à l’expansion des villes et du tissu industriel, le décroissement de la main-d’œuvre agricole dû à la migration, qui s’est traduit par la prolétarisation des forces productives rurales et l’émergence de nouvelles catégories sociales alors que les et structures sociales traditionnelles (la famille et la tribu…) connaissaient, elles, de profonds changements.

Ces transformations n’ont pas affecté uniquement le domaine agricole en tant qu’activité économique majeure dans l’économie nationale, mais ont eu aussi des répercussions directes sur les formes des structures sociales, sur les réformes agraires entreprises, et sur la répartition des terres agricoles. C’est ce qui nous suscite à aborder un certain nombre de questions dont les plus importantes sont : Quel est le rapport du monde rural à la modernisation ? Quelles relations entretient-il avec l’extension urbaine ? Quelles sont les transformations les plus importantes qu’il a vécues en rapport avec la montée de l’État national ? Quels étaient les effets des politiques publiques et ceux des transformations politiques sur le monde rural ? Quelles en étaient les impacts sur les structures sociales rurales et sur les réseaux locaux de solidarité ?

Axe 3. Les mondes ruraux maghrébins : l’émergence de nouveaux acteurs économiques

Avec le début des années 90 du XXe siècle, de nouveaux changements se sont produits au sein des études sociologiques rurales, imposés par l’expansion de la mondialisation. Cette dernière a touché la plupart des marchés rabaissant les barrières douanières et les mesures de protection imposées par les pays sur leurs marchés intérieurs pour protéger leurs économies. La mondialisation a réduit significativement le rôle d’intervention de l’État dans l’économie ainsi que sa capacité à contrôler son propre espace géographique national.

D’autre part, cette période a coïncidé avec un développement remarquable de l’exploitation des technologies modernes dans le développement des méthodes de production agricole et la gestion des ressources (intelligence artificielle, modification génétique...). Ce qui a conduit à l’émergence de nouveaux risques (risques écologiques, problèmes de sécurité alimentaire, formes d’emploi précaire, absence de protection sociale pour les ouvrières et ouvriers agricoles ...). De nouveaux acteurs ont émergé s’accaparant l’organisation du secteur agricole. Entités supra-étatiques : diverses organisations internationales, entreprises multinationales et transcontinentales. Ajoutons à cela, des formes d’interventions "infra-étatiques", telles que les organisations de la société civile et les acteurs du secteur privé (entrepreneurs, agriculteurs, entreprises et entrepreneurs sociaux).

L’émergence de nouveaux acteurs a surtout influencé le domaine du développement agricole et rural. De nouvelles formes d’organisation et d’encadrement des producteurs ont vu le jour. Certains chercheurs se sont planchés sur la "renaissance d’un ensemble de formes traditionnelles d’organisation" que l’Etat avait cherché à limiter leur influence (groupes tribaux et ethniques)[6], notamment en essayant de valoriser les formes de production solidaires, et à travers la Loi sur l’économie sociale et solidaire (coopératives, associations, ...). Ceci soulève un certain nombre de questions fondamentales : Qui sont ces nouveaux acteurs ? Quels enjeux soulèvent-ils ? Comment les liens et rapports entre eux se tissent-ils ? Quels sont les effets de leurs interventions sur le monde rural et les structures sociales environnantes (traditionnelles ou modernes) et l’écosystème local ? Quels sont les effets du développement technologique dans ce domaine ? Comment les dynamiques solidaires et l’innovation sociétale atténuent-elles les risques de ces transformations ?

Axe 4. Le Maghreb rural (les campagnes au Maghreb) : participation politique et mouvements sociaux

Plusieurs études indiquent que les rapports entre le pouvoir politique et les citoyens pendant la période précédant les révolutions du Printemps arabe étaient basés sur un « contrat social » implicite basé sur la distribution d’une partie des ressources provenant de la rente des richesses naturelles ou d’autres activités économiques en échange de la stabilité sociale[7]. Dans la même logique, il existait ce que l’on pourrait considérer comme étant un "contrat social rural" qui reposait sur la garantie de la loyauté (paix sociale et stabilité) en échange de la distribution de l’eau et de la terre. Cependant, au cours de la décennie précédant les transformations dues au printemps arabe (2000-2011), ce contrat a connu de nombreux bouleversements et dérèglements. Une partie des élites politiques et économiques proches du pouvoir, a monopolisé la plupart des privilèges, instaurant une négligence quasi absolue des besoins des citoyens. Il en est résulté un creusement du fossé entre les couches sociales. Au niveau rural, le monopole par les élites de la gestion des terres et des ressources naturelles et hydrauliques, a coïncidé avec l’émergence de nouveaux défis environnementaux conduisant à la raréfaction des ressources, ainsi que l’intensification de la concurrence pour leur contrôle et leur distribution. Ces facteurs ont convergé vers l’exclusion des villageois et les habitants des zones rurales en particulier les petits agriculteurs, du cadre des stratégies de développement de l’État et de ses préoccupations, précipitant la marginalisation de ces régions et leurs habitants.

Tous ces climats ont contribué au déclenchement de mouvements de protestation. Comme l’ont indiqué certaines études, la première étincelle des mouvements de protestation en Tunisie est survenue des provinces rurales de l’intérieur, celles aux tissus agricoles étendus et souffrant des décennies durant[8] d’une forte marginalisation (Sidi Bouzid, Meknassi, Tala, Kasserine...). Les études historiques confirment également que ce mouvement social rural n’était ni une anomalie ni une exception, puisque la plupart des révolutions que le pays a connues tout au long de son histoire partaient du monde rural (la révolution du propriétaire de l’âne, la révolution d’Ali bin Ghadhahm, les événements du pain, etc). Cela a continué même après 2011, et les évènements des " Ouasis de Jemna" en est l’exemple le plus illustratif. Tout ceci rompt avec la tendance de restreindre les mouvements sociaux au seul espace urbain. En fait, ces multiples exemples relativisent, et même réfutent, les idées préconçues à propos d’une société rurale fixe ou immuable. Le monde rural a toujours connu une dynamique sociopolitique active et complexe, dont l’étude s’avère très importante au vu de ses impacts sur l’ensemble des structures sociales. Cependant, malgré cette dynamique permanente, le monde rural des pays du Maghreb souffre toujours d’une grande marginalisation[9]. C’est ce que révèlent de nombreux indicateurs, dont le plus important est peut-être la faible représentation politique des régions rurales et du secteur agricole au niveau des partis politiques, au niveau des institutions constitutionnelles et gouvernementales, ainsi qu’aux haut postes et sphères de l’Etat. Les résultats des élections ont également indiqué l’existence de dynamiques particulières qui régissent le vote et les cours des campagnes électorales dans ces zones (Gana & Van Hamme, 2016), notamment à l’occasion des élections municipales. Cela nous amène à se poser de nombreuses questions dont les plus importantes sont : Quelles sont les particularités de l’espace politique rural ? Quelles sont les particularités des mouvements sociaux en milieu rural ? Quels sont les fondements de la pratique politique en milieu rural ? Comment les affaires politiques locales sont-elles gérées ? Quelle est la nature des pratiques politiques de la population de ces zones ? Quels sont les facteurs affectant les appartenances et choix politiques des habitants ?

Axe 5. Le Maghreb rural : changements climatiques, fragilité économique et sécurité alimentaire

Le changement climatique constitue l’une des contraintes les plus importantes qu’affronte le développement, en particulier dans le secteur agricole stratégique. Tous les indicateurs démontrent que la région du Maghreb est l’une des plus grande zones-espaces démographiques qui seront affectées par ces changements, et ce en raison du manque de précipitations, des températures élevées et des phénomènes naturels sévères et extrêmes récurrents, dont la plupart constituent une sorte d’extension du "Grand Sahara".

Ces changements climatiques à haut risque et la rareté de l’eau sont parmi les principaux motifs qui ont poussé les agriculteurs marginalisés à tenter de maîtriser ces risques en élaborant de nombreuses stratégies et l’adoption de pratiques rationalisées, comme le traitement du sol par les pesticides. A travers une simple analyse différentielle, l’on peut dire que les groupes sociaux les plus vulnérables face aux effets de ces changements sont les petits et moyens paysans, les petits agriculteurs et les petites propriétés familiales. Bien que la reconduction du mode de développement colonial ait conduit à un déséquilibre de développement entre la campagne et la ville et à un appauvrissement quantitatif et qualitatif de la population, les changements climatiques, la pénurie d’eau et la mauvaise gouvernance sont autant de facteurs qui ont, à leur tour, conduit à l’émergence de multiples voies complexes d’appauvrissement, aggravées par un désengagement certain de l’État dans les zones rurales et l’inefficacité des mécanismes d’endiguement des crises rurales récurrentes et chroniques[10].

En outre, la crise russo-ukrainienne a donné lieu à une hausse des prix du blé. Cela permet de soulever sérieusement la question de la sécurité alimentaire et de la souveraineté, compte tenu de la dépendance de nombreux pays, dont les pays du Maghreb, à l’égard des importations en tant que principale source d’approvisionnement pour leurs besoins, en particulier les céréales. Il est utile dans ce contexte de voir : Quels sont les mécanismes qui ont été développés pour faire face à cette nouvelle donne objective ? Quelles sont les stratégies d’adaptation et de résilience élaborées par les agriculteurs pour faire face au changement climatique et à la pénurie d’eau ? Comment stopper ou contenir l’aggravation du déficit alimentaire qui menace la plupart des pays du Maghreb ?

Axe 6. Les mondes ruraux au Maghreb : l’image de la campagne dans les médias et les œuvres d’art

Depuis des siècles déjà, la campagne est l’un des thèmes préférés de la littérature et des arts. Préférence d’autant plus manifeste sous l’influence du courant romantique sur la littérature et les arts arabes. Les tableaux peints présentaient, généralement, la campagne somptueusement embellie et en faisaient, presque, un musée d’innocence et de vertu. Plus tard, la littérature réaliste, surtout celle engagée, s’est concentrée sur la misère et la souffrance vécues par la population rurale, exposant des images dures et douloureuses. Les expressions et courants artistiques qui ont vu le jour dans les pays du Maghreb n’ont pas dévié de cette tendance. Ces images artistiques ont la particularité d’être des produits de la ville à propos de la campagne, la réduisant parfois jusqu’à la stigmatiser. Toutefois, au cours des dernières décennies, une partie des élites artistiques a remis en cause cette tendance, élaborant et construisant une nouvelle image de la campagne maghrébine. En revanche, les problématiques sociales du monde rural et les enjeux qu’elles soulèvent, sont faiblement traités par les médias (actualités, talk-shows...), qui se préoccupent beaucoup plus de celles de la ville. Les fois où les problématiques du monde rurale sont traitées par les médias, elles sont réduites aux seules préoccupations du secteur agricole, résumant le monde rural à la seule agriculture, et privant de ce fait, la campagne de son identité globale et spécifique. C’est ce qui soulève de nombreuses questions notamment : Quelles sont les particularités de l’image que les médias et les œuvres d’art présentent et véhiculent à propos du monde rural et de la campagne ? Quelles en sont les méthodes techniques et communicatives utilisées ? à quel point les images artistiques ont-elles réussi à se débarrasser de la stigmatisation de la campagne, ou en reproduisent-elles encore des stéréotypes ? Quels jugements portent les populations rurales sur ces images ? Existe-t-il des pratiques culturelles traditionnelles qui ont résisté aux volontés de domination ? Dans ce cas quelles sont les pratiques innovantes se sont-elles développées ?

Dates importantes

Date du colloque : 16 et 17 février 2023
Date de parution de l’annonce : 15 juin 2022
Date limite de la soumission des résumés : 15 août 2022
Date de notification des résultats de l’évaluation : 15 septembre 2022
Date limite d’acceptation de l’article scientifique complet : 15 décembre 2022
Avis final d’acceptation des inscriptions : 15 janvier 2023

Modalités de soumission

- Remplir le formulaire d’inscription disponible sur http://carep.tn
- Les résumés : Le candidat doit mentionner l’axe choisi ; le texte doit comprendre de 500 et 700 mots, y compris le titre, la problématique, la méthode choisie, les idées principales, les mots clefs (cinq au minimum) et une bibliographie succincte. En respectant intégralement les conditions méthodologiques scientifiques, (les notes de bas de page, la liste des sources et bibliographie… Pour plus d’information, voir http://dohainstitute.org ou http://carep.tn )
- Le papier final (Full Paper) : entre 5000 et 7000 mots
- Le texte final ainsi que le résumé : En langue arabe, en Sakkal Majalla 14 ; pour les autres langues il doit être en Times New Roman 12, et interligne de 1.5
- Langues utilisées au colloque : Arabe, Français, Anglais
- Originalité de la contribution : Le chercheur s’engage à proposer un article original n’ayant jamais participé à aucune manifestation scientifique auparavant.
- Adresse de correspondance : les contributions proposées doivent être envoyées à ceres.colloque.rural.2022 chez gmail.com avant le 15 août 2022.
- Publication : Les travaux du présent colloque seront ultérieurement publiés en langue arabe. Les participants en seront informés.
- Le Centre se charge de traduire les textes en langue étrangère vers la langue arabe.
- Le centre couvre les frais de déplacement et de séjour. Aucune rétribution ne sera payée contre une contribution faite au colloque.
- Le Centre détient les droits de propriété intellectuelle de toute recherche acceptée.
- Événement hybride sur site et en ligne
- Pour toute question : carep.tn chez gmail.com- Tel : (00216) 70147384
Notes

[1] Henri Mendras, La fin des paysans, Paris, A. Colin, 1970.

[2] لحمر، مولدي. (2003) انتقائية التفكك والنمو في الأرياف التونسية : التحولات الحديثة في الصناعات اليدوية المنزلية بسجنان. دار سحر للنشر. تونس.

[3] Jean-Claude Bontron, “Le monde rural : un concept en évolution”, Revue internationale d’éducation de Sèvres, 10 | 1996, 25-30.

[4] Chenntouf, T. (2006). La sociologie au Maghreb : Cinquante ans après. African Sociological Review/Revue Africaine de Sociologie, 10(1), 1-30.

[5] Mazzella, S., & Salem, L. B. (2009). Lilia Ben Salem, « Propos sur la sociologie en Tunisie ». Genèses, (75), 125-142.

[6] Elloumi, M. (2002). Mondialisation et sociétés rurales en Méditerranée. Paris/Tunis : Karthala/Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain.

[7] Houdret, A., Kadiri, Z., &Bossenbroek, L. (2017). A new rural social contract for the Maghreb ? The political economy of access to water, land and rural development. Middle East Law and Governance, 9(1), 20-42.

[8] Mohamed Elloumi, “La Révolution Tunisienne : Ruralité vs. Urbanité. Quelques réflexions,” La lettre de l’IRMC 8 (2012).

[9] Alia Gana, “The Rural and Agricultural Roots of the Tunisian Revolution : When Food Security Matters”, International Journal of Sociology of Agriculture and Food, Research Committee on Sociology of Food and Agriculture 19, no. 2 (2012)

[10] Philippe Boudes « Sociological Perspectives on Global Climate Change » Compte rendu de document (National Science Foundation, 2009) Dans Natures Sciences Sociétés 2010/3 (Vol. 18), pages 337 à 340


Titre
« Histoire croisée du travail dans le monde francophone » — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
Samedi 20 août 2022
Descriptif

Les éditrices de French Historical Studies lancent un appel à articles pour un numéro spécial de la revue sur le travail en France et dans le monde francophone à la lumière de l’histoire globale, à paraître en 2024.

Depuis le tournant du nouveau millénaire, l’histoire globale du travail a donné vie à une énorme quantité de travaux reliant les formes et les pratiques du travail de régions différentes, depuis le Moyen-Âge et jusqu’à nos jours. Cependant, dans les mondes francophones, cette tendance est encore incertaine ; les historiens du travail en France se limitent le plus souvent à l’Hexagone et ignorent les connexions et les comparaisons avec d’autres régions d’Europe et du monde. Pour leur part, les spécialistes de l’esclavage et du post-esclavage dans les colonies françaises difficilement relient leurs investigations aux dynamiques dans d’autres Empires ou même à l’évolution du travail en France. Cet appel vise à dépasser ces barrières et invite des soumissions reliant le travail en France à celui d’autres pays et/ou de ses colonies. La période couverte s’étale de l’époque moderne jusqu’à nos jours.

Axes thématiques

Thématiques envisagées (liste non exclusive), toutes dans une perspective d’histoire connectée, globale ou comparée :
- Les structures économiques et sociales du travail et de la coercition
- Structures et pratiques du travail dans les métropoles impériales et dans les colonies
- Le genre dans les structures et les pratiques du travail
- La race dans les structures et les pratiques du travail
- L’âge dans les structures et les pratiques du travail
- La résistance au travail
- Migrations et mobilité

Coordination scientifique du numéro : Alessandro Stanziani, EHESS et Gwyn Campbell, McGill University

Modalités de soumission

Toute question est à adresser à nos deux directeurs du numéro spécial : Alessandro Stanziani alessandro.stanziani chez ehess.fr et Gwyn Campbell gwyn.campbell chez mcgill.ca

Pour soumettre un article, veuillez consulter la page suivante. Après vous être enregistré(e), suivez les instructions de la section « Instructions for Authors ». Les articles peuvent être soumis en anglais ou en français, mais, dans les deux cas, ils doivent être conformes au style de FHS, et doivent être accompagnés d’un résumé ou abstract de 150 mots, dans les deux langues. Les manuscrits doivent comporter entre 8000 et 12000 mots. Concernant les illustrations, prises de vue, ou extraits de film, les auteurs doivent obtenir la permission écrite de les publier sous forme papier et digitale de la part des personnes dépositaires des droits sur ces images ou extraits audiovisuels, ou de la part des responsables des institutions d’où les images sont originaires.
Les propositions sont à déposer sur la plateforme jusqu’au 20 août.


Titre
« Migration Narratives in the Global Mediterranean (1450–1850) » — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
Jeudi 1er septembre 2022
Descriptif

The H2020 Interconnecting Histories and Archives for Migrant Agency (ITHACA) project focuses on narratives of migration in both past and present, analysing them in a rigorous historical framework, through an interdisciplinary, comparative, and transnational approach. ITHACA aims to create a digital platform, that brings together migration narratives from the XVth century to the present, enhancing the historical documentation and the testimonies of past and present migrants’ experiences. In this context, the ITHACA Project Coordination invites scholars to submit essay proposals for a contributory volume on this topic.
The aim of this essay collection is to offer a comparative overview of the history of migrations in the Mediterranean region, here defined as global interconnected space, a crossroads for a wider area, from the Atlantic to the Caspian Sea, and from Northern Africa to continental Europe. It will host contributions that cover a long timeframe, from the late Middle Ages up to the first half of the 19th century. To avoid an over-localised approach and a narrow chronological frame, the collection will offer both a synchronic and diachronic account of migrant experiences across the area in the longue durée.

Using a stringent comparative approach, Migrations Narratives in the Global Mediterranean (1450–1850) will provide a solid historical framework in which migrants’ perception and self-perception and the consequent narration and self-narration of migration are challenged and discussed from a variety of perspectives and methodological approaches. Contributions presented from a multi- or interdisciplinary perspective will be welcome. The purpose of the ‘long modern age’ periodisation is to better highlight the changes and continuities in the historical migration processes that have taken place in the region.

The book aims to make a significant contribution to the study of this kind of narration – that is the written, graphic, or oral commentary employed by a narrator to convey a story to an audience. The case studies selected will offer a wide view of migration narratives and self-narratives, as defined in the examples below, in different Mediterranean spaces. Narrative concepts are profoundly relevant to the understanding of life, experience, and texts of whatever nature, and ITHACA wishes to employ them to reach a deeper understanding of the meanings of migration.

Thus, based on their archival research, the contributors to this volume are expected to retrace the narratives of migrant groups and individuals, privileging written, figurative, artistic, material forms of self-narrative, offering a key to access the long-term impact of the narratives thanks to a strong historical perspective.

We encourage contributions that will explore and deepen our understanding of the various forms of narrative by and on migrants that can be found in archival sources. Archives as a privileged space for looking at displacement narration are at the very core of the ITHACA project, as it is mainly through archival sources of various kinds that we are able to historicise narratives of migration.

For Migrations Narratives in the Global Mediterranean (1450–1850), we welcome contributions covering three main typologies of migrant experience through the examination of narratives produced by or on migrants :

- Migration as a result of religious dissent and lack of a toleration towards religious diversity. In the history of the Mediterranean, there have been many migratory experiences – both voluntary and forced – that have been motivated by religious beliefs. This type of migration involved individuals and groups who, for reasons of religious beliefs linked to confessional or non-tolerant policies in the country of origin, moved somewhere else.
- Migration as a result of contested political positions, actions of political opposition, or state of war in the country of origin. This form of migration refers to the political exile of political outcasts in the early modern age as well as to those linked to the patriotic struggles of the 19th century. Contributions could retrace, through narration and self-narration, the feeling of displacement of the exile in the arrival space ; actions taken to enter a new political and cultural space ; the elaboration of an ideology linking activism and migrant experience.
- Migration as a result of environmental conditions. This type of migration involved populations that moved in search of better environmental settlements, mainly for economic reasons.
- Methodological reflections that elaborate the concept of migrant agency in a historical and long-term perspective and/or reflections on the historiographic works on the theme of migration (especially migration narratives).

Submission guidelines
- Contributions should be in English and no more than 10,000 words in length (footnotes included).
- Proposals should be no more than 600 words in length and should be submitted by email to ithaca.h2020 chez gmail.com
by 1 September 2022.

The authors of accepted proposals will be notified by 15 October 2022. Completed essays will be expected by 15 September 2023, for publication in autumn 2024. Contributions will be subject to a peer review process. The volume will be released by an international publisher and will be in Open Access, according to the standards required by European projects.

The contributors will be invited to take part to a workshop to be held in November 2023 with the aim of presenting and discussing the academic perspectives that have emerged through the collection.

Scientific committee
- Matteo Al Kalak chez unimore.it> ; université de Modène
- Maria Chiara Rioli chez unimore.it> ; université de Modène
- Viviana Tagliaferri chez unimore.it> ; université de Modène
- Michaël Gasperoni, chez cnrs.fr> ; CNRS (Centre Roland Mousnier)


Titre
« Adapter l’enseignement, les institutions et les dispositifs scolaires en situation coloniale et postcoloniale. Perspective globale et histoire connectée », Outre-Mers. Revue d’histoire coloniale et impériale, 2023 — Campus Condorcet- Aubervilliers (France)
Date
Jeudi 1er septembre 2022
Descriptif

Numéro sous la direction de : Pierre-Éric FAGEOL, Université de La Réunion, ICARE pierre-eric.fageol chez univ-reunion.fr et Céline LABRUNE-BADIANE, chercheuse associée au laboratoire CESSMA, Université Paris VII celine.labrunebadiane chez gmail.com

« Dans ce numéro d’Outre-Mers. Revue d’histoire coloniale et impériale, nous proposons d’explorer l’adaptation de l’enseignement, de l’institution scolaire et des dispositifs éducatifs dans l’Empire colonial français au miroir de la politique d’adaptation qui a prévalu en métropole, dans l’école de la IIIe République (Chanet, 1996 ; Thiesse, 1997 ; Ploux, 2011), et ses héritages dans les territoires qui en sont issus. L’adaptation de l’enseignement n’est pas réductible à des enjeux pédagogiques mais est fondamentalement une question politique et idéologique. Elle s’opère différemment en fonction des périodes, des espaces, des contraintes budgétaires, des objectifs poursuivis, des rapports de force entre acteurs bureaucratiques et de l’idéologie plus ou moins pragmatique des acteurs en charge de sa mise en œuvre. Les acteurs de l’enseignement se montrent aussi attentifs aux expériences réalisées en dehors de l’Empire colonial français et de l’espace francophone. L’adaptation de l’enseignement en situation coloniale fut un projet éminemment conservateur : sous couvert de la prise en compte des différences culturelles, elle maintenait en fait les colonisés dans une position subalterne. Dans les colonies, certains furent dès lors vivement opposés à son développement, refusant le décrochage de l’école par rapport à la métropole. Les travaux qui abordent la question des pratiques de classe au quotidien sont rares ; ils montrent un décalage entre les politiques et la réalité des apprentissages au quotidien (Ly, 2009 ; Deleigne, 2010 ; Labrune-Badiane et Smith, 2018 ; Labrune-Badiane, 2021). La décolonisation a engendré une refondation de l’école dans les anciens territoires colonisés, devenus départements français ou États indépendants. Bien qu’il y ait le plus souvent eu volonté de rupture, celle-ci concerna davantage les curricula et les objectifs globaux de l’école que ses structures qui se perpétuent jusqu’à présent. Par ailleurs, les expériences éducatives coloniales et les acteurs de l’enseignement dans les colonies ont pu être « recyclés » dans le système éducatif en métropole (Falaize, 2015 pour les circulations de l’AOF vers la métropole).

La place accordée aux acteurs et aux pratiques de l’enseignement ouvre ainsi de nouvelles problématiques de recherche sur l’efficience d’une école coloniale qui dépasse le seul cadre de la mission civilisatrice et de sa vocation assimilatrice initiale. Du curriculum prescrit au curriculum réel (Hossen-Fageol-Wallian, 2020), des discours scolaires (Fageol, 2012) aux pratiques de classe, des cadres officiels de référence à l’émergence de nouvelles référentialités coloniales, les perspectives de recherche sont désormais à la croisée de divers champs convoquant tout à la fois une histoire sociale de groupes professionnels issus du milieu éducatif et une histoire des fondements didactiques et pédagogiques de l’enseignement colonial. La circulation de modèles pédagogiques - depuis les métropoles, entre les colonies et entre les empires - interroge également les mobilités impériales et le rôle des acteurs sur les stratégies éducatives coloniales dans une perspective transnationale et transimpériale.

Les recherches engendrées par les études postcoloniales et décoloniales (Salaün & Trépied, 2020) tendent enfin à montrer que le « legs colonial » (Bayart, 2006) fait toujours débat et que l’étude scolaire du « fait colonial » demeure didactiquement complexe et politiquement sensible quels que soient les territoires et les périodes étudiés (De Cock, 2012). Cela constitue spécialement un défi majeur pour l’enseignement de l’histoire et de la géographie dans les territoires d’outre-mer (Maurice, 2018) et l’utilisation des langues vernaculaires pour l’enseignement (Salaün, 2010 ; Fageol, 2016).

Ce numéro d’Outre-Mers. Revue d’histoire coloniale et impériale vise à donner une vue d’ensemble des idéologies, des politiques et des expériences scolaires dans les empires coloniaux européens contemporains en Afrique, en Asie, dans la Caraïbe et dans l’océan Indien et dans les territoires qui en sont issus afin d’analyser notamment les ruptures et les continuités entre les périodes coloniale et postcoloniale. Les propositions s’inscriront dans les approches, champs historiographiques et thématiques énumérés ci-dessous.

Cadrage général
Approche trans et multidisciplinaire (histoire, sociohistoire, sociolinguistique, philosophie de l’éducation, sociologie de l’éducation, anthropologie, etc.).
Approche comparative et transimpériale : Empires coloniaux contemporains en Afrique, en Asie, dans la Caraïbe et l’océan Indien.
Période : coloniale et postcoloniale (XIXe-XXe).
Champs historiographiques et thématiques : histoire conceptuelle ; histoire des disciplines scolaires ; politiques linguistiques ; enseignement public et privé confessionnel, missions, enseignement pratique, technique, professionnel et général.
Acteurs : institutions, élèves, enseignants, élites, penseurs de l’éducation.

Axes
Cet appel à contribution concerne en priorité les axes suivants qui pourront être abordés de manière complémentaire par les auteurs :
- Curricula et pratiques d’enseignement ;
- Logiques d’acteurs ;
- Circulation des modèles éducatifs et d’enseignement.

Délais et modalités
L’évaluation se fera sur la base de l’article complet :

a. Envoi de la proposition d’article avant le 1er septembre 2022.

Les propositions d’article de 6 000 caractères maximum (espaces compris), accompagnées d’un bref CV scientifique, devront faire apparaître la problématique, la méthode, le corpus ou terrain et les éléments centraux de l’argumentation.

b. Annonce des propositions sélectionnées le 1er octobre 2022.

c. Envoi de l’article complet le 15 janvier 2023. Les recommandations aux auteurs sont disponibles sur : http://www.sfhom.com/.

d. Retour des évaluations le 1er mars 2023.

e. Réception du texte final le 15 avril 2023.

f. Publication du numéro spécial en juin 2023.

Comité d’expertise : Clélia CORET - Mylène EYQUEM - Pierre-Éric FAGEOL – Pierre GUIDI - Jean-François KLEIN - Céline LABRUNE-BADIANE - Soraya LARIBI - Didier NATIVEL - Étienne SMITH - Claude PRUDHOMME - Rebecca ROGERS - Damiano MATASCI – Edenz MAURICE - Faranirina RAJAONAH - Thuy Phuong NGUYEN

Bibliographie

Barthélemy Pascale, Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.

Barthélemy Pascale, « L’enseignement dans l’Empire colonial français : une vieille histoire ? », Histoire de l’éducation, n° 128, 2010.

Bayart Jean-François & Bertrand Romain, « De quel “legs colonial” parle-t-on ? », Esprit, n° 12, 2006, p. 134-160.

Bezançon Pascale, Une colonisation éducatrice ? L’expérience indochinoise (1860-1945), Paris, L’Harmattan, 2002.

Bouche Denise, « Autrefois, Notre Pays s’appelait la Gaule… : Remarques sur l’adaptation de l’enseignement au Sénégal de 1817 à 1960 », Cahiers d’Études Africaines 8, n° 29, 1968, p. 110-122.

Boyer Gilles, Clerc Pascal & Zancharini-Fournel Michèle (dir.), L’école aux colonies, les colonies à l’école, Lyon, ENS Éditions, 2013.

Bude Udo, « The adaptation concept in British colonial education », Comparative Education, vol. 19, 1983, p. 341-355.

Chanet Jean-François, L’école républicaine et les petites patries, Paris, Aubier, 1996.

Dancel Brigitte, Enseigner l’histoire à l’école primaire de la IIIe République, Paris, Presses Universitaires de France, 1996, 264 p.

De Cock Laurence, « Un siècle d’enseignement du “fait colonial” dans le secondaire de 1902 à nos jours », Histoire@Politique, vol. 18, n° 3, 2012, p. 179-198.

Deleigne Marie-Christine, « Les jardins scolaires des écoles du premier degré à Madagascar (1916-1951) », Histoire de l’éducation, n° 128, 2010, p. 103-128.

Fageol Pierre-Éric, Identité coloniale et sentiment d’appartenance nationale sur les bancs de l’école à La Réunion, Saint-Denis, Presses Universitaires Indianocéaniques, 2020, 280 p.

Fageol Pierre-Éric, « Une impossible éducation plurilingue en situation coloniale. Discours sur le créole dans les apprentissages sous la Troisième République à La Réunion », Tsingy n° 19, 2016, p. 99-114.

Falaize Benoît, L’histoire à l’école primaire depuis 1945, Rennes, PUR, 2016.

Hossen Cédric, Fageol Pierre-Éric & Wallian Nathalie, « Adapter l’enseignement au milieu colonial entre 1923-1941 : éclats de copies d’élèves du Lycée Leconte de Lisle de La Réunion », dans Sylvain Genevois & Nathalie Wallian (Éds.), Enseigner-apprendre en tous terrains : de la didactique contextuelle à la contextualisation du didactique, Paris : Éditions Archives contemporaines, 2020, p. 31-60.

Labrune-Badiane Céline, Le pari de l’école. Une histoire de l’institution scolaire en Casamance, Paris, Maisonneuve et Hémisphère éd., 2021.

Labrune-Badiane Céline & Smith Étienne, Les hussards noirs de la colonie. Instituteurs africains et petites patries en AOF, Paris, Karthala, 2018, 716 p.

Labrune-Badiane Céline, De Suremain Marie-Albane & Bianchini Pascal (dir.), « L’école en situation postcoloniale », Cahiers Afrique, n° 27, 2012.

Laurent Manière, « La politique française pour l’adaptation de l’enseignement en Afrique après les indépendances (1958-1964) », Histoire de l’éducation, 128, 2010, p. 163-190.

Lembré Stéphane, « L’enseignement technique et professionnel dans l’Algérie coloniale, du territoire à l’atelier (1866-1958) », Histoire de l’éducation, 2017, n° 147, p. 91-117.

Ly Boubacar, Les instituteurs au Sénégal de 1903 à 1945, t. 3, « La formation au métier d’instituteur », Paris, L’Harmattan, 2009.

Marchand Claude, « Tentatives d’adaptation de l’enseignement aux réalités camerounaises : l’enseignement agricole, 1921-1970 », Canadian Journal of African Studies, vol. VIII, n° 3, 1974, p. 539-551.

Matasci Damiano, Bandeira Jeronimo Miguel & Gonçalves Dores Hugo (dir.), Repenser la « mission civilisatrice ». L’éducation dans le monde colonial et postcolonial au XXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2020.

Maurice Edenz, « L’adaptation de l’enseignement scolaire en situation postcoloniale. Créolisation et identité nationale au prisme des enseignants en Guyane de 1945 à la fin des années 1970 », dans Dubois Jérémie & Legris Patricia (dir.), Disciplines scolaires et cultures politiques. Des modèles nationaux en mutation depuis 1945, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2018, p. 19-32.

Nguyen Thuy Phuong, L’école française au Vietnam de 1945 à 1975. De la mission civilisatrice à la diplomatie culturelle, Thèse, Université Paris V, 2013.

Obondo Margaret Akinyi, « Tensions between English and mother tongue teaching in post-colonial Africa », in Cummins Jim & Davison Chris (eds), International Handbook of English Language Teaching, New-York, Springer, 2007, p. 37-50.

Omolewa Michael, « Educating the “native” : a study of the education adaptation strategy in British colonial Africa, 1910-1936 », The journal of African American History, vol. 91, n° 3.

Ploux François, Une mémoire de papier. Les historiens de village et le culte des petites patries rurales (1830-1930), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.

Rajaonah Faranirina V., « Repenser l’enseignement de l’histoire à Madagascar dans les années 1960 », Revue Historique des Mascareignes, 2002, p. 79-92.

Reynaud-Paligot Carole, L’école aux colonies. Entre mission civilisatrice et racialisation (1816-1940), Ceyzérieu, Champ Vallon, 2020.

Salaün Marie, L’école indigène. Nouvelle-Calédonie (1885-1945), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2005.

Salaün Marie, « L’enseignement de la langue française dans les écoles indigènes en Nouvelle-Calédonie, (1863-1945) », Histoire de l’éducation, n° 128, 2010, p. 5-27

Salaün Marie et Trépied Benoît, « Introduction. Sortir du colonial sans décoloniser ? », Outre-Mers. Revue d’histoire, n° 406-407, 2020, p. 7-23.

Thiesse Anne-Marie, Ils apprenaient la France, l’exaltation des régions dans le discours patriotique, Paris, édition de la Maison des sciences de l’homme, 1997.

Youenn Michel, « Les instituteurs et l’étude du milieu local. Variations sur la réponse à une injonction paradoxale », Le Télémaque, n° 28, 2005, p. 95-110.


Titre
« Travelling Through time : New Perspectives, Methods and Challenges for Understanding Livestock Mobility in the Past » — MMSH, Aix-en-Provence
Date
Du 6 au 9 septembre 2022
Descriptif

Colloque international organisé par le programme européen PATHWAy (Centre Camille Jullian A*MIDEX Aix Marseille Université - France / University of York, AHRC - UK)

Il se tiendra du 6 au 7 septembre 2022 à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-en-Provence et les 8-9 septembre, dans le massif des Ecrins (Excursion avec hébergement).

Programme

La date de clôture des inscriptions est fixée au 22 juillet 2022 (inclus)

« Qu’il s’agisse de migrations massives, de déplacements saisonniers du bétail entre des pâturages de complément, ou d’échanges commerciaux, la mobilité des animaux est un élément crucial pour comprendre l’organisation des sociétés passées, l’évolution des paysages et l’histoire des terres et des territoires. Si la question de la mobilité du bétail a été largement explorée en archéologie, le développement des méthodes bioarchéologiques au cours des dernières années (études génomiques, analyses isotopiques...) tend à réviser nos connaissances et à réexaminer les scénarios et modèles de mobilité considérés jusqu’à présent. A l’ère de la mondialisation, cette session vise à mettre en lumière la mobilité passée sous toutes ses formes. »


Titre
« Montagne enseignante-Montagne enseignée »
Date
Du 8 au 10 septembre 2022

0 | 15 | 30 | 45