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Titre
« Plantations and their Afterlives : Materialities, Durabilities, Struggles » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Du 1er au 3 avril 2020
Titre
Renaud Morieux (Cambridge University), « Transitions de souveraineté et transferts de population : le cas de Pondichéry à la fin du XVIIIe siècle » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Vendredi 3 avril 2020, 15 h-17 h
Titre
« Comment l’histoire environnementale peut-elle contribuer au renouvellement des études coloniales ? Aller / Retour de l’historiographie au terrain minier d’Aïn Mokra » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Lundi 6 avril 2020, 14 h-16 h
Descriptif

Séance animée par Antonin Plarier (IREMAM, Aix)

Lecture attendue en amont : précisée ultérieurement


Titre
« Quels savoirs, venus des terroirs ? Ou comment inventer demain ? » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Jeudi 9 avril 2020, 17 h-20 h
Descriptif

Entre les Alpes et l’Atlas, rénexions de terrains sur des savoirs faire hérités du passé et sur une connaissance des fragilités du monde méditerranéen. Des savoirs d’hier pour inventer d’autres modes de vie demain ?
- Avec Dionigi Albera, anthropologue, directeur de recherche au CNRS, et Mohamed Tozy, anthropologue et politologue, professeur à l’IEP d’Aix-en-Provence. Ils ont notamment dirigé, avec Maryline Crivello, le Dictionnaire de la Méditerranée, (Actes Sud)


Titre
Pierre Guidi (CEPED, IRD-univ. Paris Descartes), « L’éducation féminine de la ‘Nouvelle Ère’ dans l’Éthiopie des années 1950 : maternalisme, émancipation, reproduction des classes » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mardi 14 avril 2020, 14 h-16 h
Titre
« Histoire de la ville du Cap-Haïtien : entre histoire coloniale et perspective critique », Jean-Jacques Cadet (dir.), 2020 — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mercredi 15 avril 2020
Descriptif

Projet d’ouvrage collectif sous la direction de Jean-Jacques Cadet

Calendrier
- 15 avril 2020 : date limite d’envoi des textes à cadet.jeanjacques chez yahoo.fr
- 1er juin 2020 : réponse au regard des remarques du comité de lecture
- 1er juillet 2020 : retour définitif de l’ensemble des textes
- 1er août 2020 : soumission du manuscrit à l’éditeur
- 15 novembre 2020 : publication de l’ouvrage

Texte Appel

Pendant ces dernières années, Cap-Haïtien est revenue sur la scène nationale et internationale. À l’approche de l’anniversaire des trois cent cinquante ans de sa fondation[1], beaucoup d’évènements sont consacrés à cette commune du Nord d’Haïti[2]. En France, à Suresnes, ville jumelée depuis 1998 avec Cap-Haïtien, une semaine de festivités a été organisée par la Mairie afin de mettre en valeur la potentialité patrimoniale de cette ville. L’année 2020 sera celle du Cap-Haïtien en raison d’un triple évènement : les trois cent cinquante ans de la fondation de la ville du Cap, les deux cent ans de la mort du roi Henri Christophe[3] et les cent quatre-vingt ans de la naissance du poète national Oswald Durand[4]. Cap-Haïtien domine encore davantage l’actualité par sa position géographique délicate : une faille dangereuse (faille septentrionale) traversant cette commune est susceptible de la détruire, comme ce fut le cas en 1842. On peut aussi ajouter les dernières déclarations de l’économiste haïtien Kesner Pharel selon lesquelles Cap-Haïtien ne serait plus la deuxième ville du pays, ce qui a soulevé pas mal de colère du côté des Capois. L’analyse de M. Pharel faisait fi de tous les facteurs historiques pour se tourner exclusivement vers le nombre de ses habitants et la recette fiscale qui en découlait. Cet ouvrage collectif cherche à comprendre dans quelle mesure Cap-Haïtien peut être analysée en dehors de son histoire. L’idée est de savoir que devient Cap-Haïtien en dehors de son histoire coloniale et postcoloniale.

Cet ouvrage ne tend pas faire du Cap-Haïtien l’endroit le plus important du pays. Il s’inscrit en faux contre tout idéal régionaliste axé sur des préjugés liés à la bravoure, à l’orgueil et à la galanterie. On est plutôt animé par la volonté de mettre en valeur ses multiples singularités. Cap-Haïtien est la première ville d’Haïti à avoir été fondée. Elle était la capitale de Saint-Domingue et, ensuite, d’Haïti. Elle comporte la cathédrale la plus ancienne du pays, Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, édifiée dès la fondation de la ville en 1670. Depuis 1995, le centre-ville est classé patrimoine national en raison de la richesse historique de ses infrastructures. Cap-Haïtien concentre une grande quantité de forts, tels que Fort Magny, Fort Picolet, Fort Belly, Fort Saint-Joseph, etc. C’est l’une des rares villes d’Haïti où se trouve un musée de la monnaie, inauguré en 2012. Cap-Haïtien est ouverte sur l’espace américain et caribéen avec un aéroport international (le deuxième du pays) portant le nom d’Hugo Chavez et un port. Cap-Haïtien comporte beaucoup de distilleries (guildives) de « clairin », symbole majeur de la période coloniale. Les alentours du Cap-Haïtien sont des lieux porteurs de moments clés dans l’histoire d’Haïti : Milot avec le Parc national historique (Citadelle la Ferrière et Palais Sans-Souci), Limbé avec le Fort Dahomey et le Musée Guahaba, Fort Liberté avec son arc de triomphe et sa fontaine coloniale et Limonade avec La Nativité (un fortin).

Cap-Haïtien entretient un rapport particulier avec la Révolution de 1804. C’est là où se sont déclenchées les luttes les plus tragiques de cet évènement, comme la bataille de Vertières en 1803. On peut comprendre pourquoi la proclamation générale de l’abolition de l’esclavage fut proclamée dans cette ville. La section communale Haut-du-Cap comporte une histoire avec Toussaint Louverture, l’une des figures de la Révolution de 1804. La Place d’Armes située en face de la Cathédrale à la rue 18 a vu de nombreuses exécutions pendant la période coloniale, notamment celle de Dutty Boukman dont la tête a été exposée suite à sa participation au Congrès Bois-Caïman. Vertières, Haut-du-Cap et Place d’Armes sont des sites de mémoire historique.

Avant de s’appeler Cap-Haïtien, cette commune a connu plusieurs appellations dans l’histoire d’Haïti. Guarico durant la période, Cap-Français pendant la colonie de Saint-Domingue et Cap-Henri sous le roi Henri Christophe. Avant l’arrivée des Français au XVIIe siècle, Cap-Haïtien avait connu la présence des Indiens qui ont affronté les colons espagnols. La plus grande avenue du centre-ville est la « rue espagnole ». Célébrer les trois cent cinquante ans de la fondation du Cap-Haïtien, c’est oublier cette période phare dans l’histoire de cette commune commencée dès 1492. Cet ouvrage tend à sortir de cette conception réductionniste afin de cerner les prémisses de la « colonialité » de cette zone. Nous tenons à insister sur la diversité culturelle dont fut objet cette commune (amérindien, espagnol, français, anglais et africain). Cap-Haïtien est une ville coloniale dont l’expression la plus visible se trouve dans son architecture dominée par de véritables maisons colorées à galeries. Son rapport avec la France reste sa période la plus emblématique en raison de sa place dans la floraison économique de ce pays. Cap-Haïtien était une ville royale avec Henri Christophe qui a construit une Maison du roi, des casernes et des installations de défense. Cap-Haïtien comporte aussi des traces de l’occupation américaine d’Haïti 1915-1934 : le changement du nom des rues et l’aménagement des quartiers de SHADA. Cap-Haïtien n’a jamais raté les grands rendez-vous historiques d’Haïti.

Cette histoire de la résistance influence les productions du Cap-Haïtien. On la retrouve dans la pensée des intellectuels et la création des artistes. Cap-Haïtien a été au XIXème le terroir d’une perspective critique. Trois figures peuvent en témoigner : Oswald Durand (1840-1906), Jean Demesvar Delorme (1831-1901) et Anténor Firmin (1850-1911). Le premier se fait surtout remarquer par ses œuvres en créole et Jean Demesvar Delorme pour son ouvrage Les Théoriciens au pouvoir (1870). Quant à Firmin, il a élaboré l’ouvrage le plus important du XIXème siècle haïtien : De l’égalité des races humaines (1885). Cet ouvrage publié en France remet en question toute l’idéologie raciste au cœur des productions occidentales. De cette tradition critique capoise, on peut ajouter les travaux de Maximilien Laroche et de Gérard Étienne. Quant à Philomé Obin (1892-1986) qui était l’instigateur de l’École du Cap, il représente la figure classique de l’avènement de l’« art naïf » haïtien. Les œuvres d’Obin étaient imprégnées de l’histoire politique haïtienne, d’où ses principaux tableaux relatifs à l’occupation américaine d’Haïti 1915-1934. Leslie Manigat écrit ceci à propos d’Obin : « La peinture de Philomé Obin n’est pas seulement capoise par son lieu de naissance et d’épanouissement, mais elle respire capoise. » Sur le plan musical, Cap-Haïtien représente la réussite artistique avec la fondation dès 1941 des deux orchestres les plus anciens d’Haïti : l’orchestre Tropicana d’Haïti (1941[5]) et l’orchestre Septentrionale (1948). L’artiste Toto Bissainthe (Marie Clotilde) représente l’aboutissement émerveillé de cette aventure musicale capoise.

Cet ouvrage interroge les modalités d’une commémoration de la fondation du Cap-Haïtien. Il vise une valorisation des patrimoines de cette commune qui pourraient réconcilier Haïti avec son passé afin de construire un avenir moins sombre. Cette commémoration doit impliquer tous les acteurs ayant participé à la structuration de cette commune. Surnommé le « Paris de Saint-Domingue », Cap-Haïtien était le lieu de résidence des français les plus fortunés. Elle était aussi le lieu de la capitulation de l’armée française en 1803, à Vertières. Cap-Haïtien a été édifiée avec des matériaux venant directement de la France, ce qui lui avait donné au prix d’un esclavage violent une splendeur internationale. L’histoire entre Cap-Haïtien et Paris reste à faire dans un esprit de compréhension de l’actualité de cette commune marquée par une dégradation systématique. Les trois cent cinquante ans de commémorations nous offrent l’occasion de retracer ces moments douloureux entre ces deux régions.

Ce projet d’ouvrage collectif fait suite à notre collaboration en 2019 dans la coopération Suresnes-Cap-Haïtien. Le 30 novembre 2019, nous avons présenté à la Médiathèque de Suresnes une conférence sur l’histoire de la ville du Cap-Haïtien. Grace à cette conférence, nous avons découvert la richesse historique de cette ville et l’absence d’ouvrages traitant de son histoire, de sa géographie et de ses productions artistique et intellectuelle. Hormis l’ouvrage dirigé par Max Manigat[6] couvrant beaucoup plus le XXème siècle, il devient difficile de se documenter sur Cap-Haïtien en dehors des rapports commandités par des organisations. Nous tenons à combler ce vide afin que la potentialité patrimoniale du Cap-Haïtien soit reconnue sur le plan national et international. Cet ouvrage est aussi un appel à la prise en compte des multiples dangers qui guettent Cap-Haïtien : dégradation croissante de ses sites historiques, dévalorisation de son passé culturel et surtout menace imminente de catastrophes naturels (tremblement de terre, inondation et tsunami).
Instructions aux auteurs

Les propositions de textes doivent être de caractères 12 et d’interligne simple. Elles ne doivent pas dépasser 15 pages.
Les références bibliographiques doivent être présentées selon les normes universitaires classiques.
La soumission des textes doit être accompagnée d’un résumé de 300 mots au maximum et d’une brève présentation des auteurs.

Notes

[1] Les 350 ans s’inscrivent dans le sillage colonial français. Nous tenons à évoquer la situation d’avant 1670 marquée par la présence des Indiens et des Espagnols.

[2] Nous tenons à parler de l’arrondissement du Cap-Haïtien dans lequel se trouvent trois communes : Cap-Haïtien, Limonade et Quartier-Morin. La compréhension des singularités du Cap-Haïtien exige un cadre départemental reliant les communes limitrophes.

[3] Né à Grenade le 6 octobre 1767 et mort au Cap-Haïtien le 8 octobre 1820.

[4] Petit-fils du baron de Vastey, il est né au Cap-Haïtien le 17 septembre 1840.

[5] L’orchestre Tropicana d’Haïti vient du « Jazz Capois » fondé en 1941.

[6] Max Manigat, Cap-Haïtien : excursions dans le temps, USA, Educa Vision, 2008.


Titre
« Travail et travailleur·se·s au Maghreb (XIXe-XXIe siècle) » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mercredi 15 avril 2020
Descriptif

Journée d’étude organisée par Annick Lacroix (IDHES, Paris Nanterre) et Antonin Plarier (IREMAM, Aix-Marseille Université)

Texte Appel

Cette journée d’étude a pour ambition de réunir des chercheuses et des chercheurs en sciences sociales s’intéressant à la question du travail dans le Maghreb du XIXe au XXIe siècle. Malgré le renouvellement stimulant des approches sur les sociétés coloniales, une histoire du travail au Maghreb reste encore à écrire. Contrairement à la France métropolitaine, rares sont les études qui ont cherché à établir le salaire moyen ou à définir le niveau de vie, même pour une période particulière ou une région donnée du Maghreb. Les catégories socio-professionnelles n’ont pour ainsi dire pas été retravaillées ni adaptées à la situation maghrébine, comme si le clivage binaire entre colonisateurs et colonisés suffisait à résumer toutes les hiérarchies de la réalité sociale. Si l’investissement fourni au cours des décennies 1960 et 1970 par l’histoire sociale a produit de belles enquêtes sur les populations rurales, les travaux sur les secteurs secondaires et tertiaires se sont centrés sur les syndicats ou les mobilisations ouvrières, présentant souvent la question sociale comme un préambule à l’engagement nationaliste[1]. Loin de refouler les conflits au travail, il s’agit désormais d’en comprendre les racines économiques et sociales ; de décrypter la manière dont les statuts juridiques et les hiérarchies de tous ordres s’articulent avec des inégalités de salaire et des formes de pénibilité du travail, pendant la colonisation mais aussi en amont et en aval de cette période.

Que sait-on des mines et des mineurs au Maghreb ou des travailleurs du rail ? Comment les rapports de domination liés au genre, à la classe, à la race s’expriment-ils dans la sphère du travail ? Plus généralement, quelles sont les modalités d’apparition d’un marché du travail au Maghreb et comment est-on passé d’une société de fellah-s à une population active de plus en plus salariée, urbanisée et féminisée ? Peut-on transposer à cet espace l’analyse du sociologue Robert Castel sur la mise en œuvre d’une société salariale en Europe occidentale[2] et quel rôle ont joué la colonisation et les migrations dans la structuration de ce marché du travail de part et d’autre de la Méditerranée ?

Cette journée vise à comprendre les processus originaux de développement d’un salariat coexistant avec d’autres formes de travail tout au long de la période considérée. À cet égard, la question du travail contraint – internements, ateliers de travaux publics, corvées, détachements pénitentiaires …–, qui ne se limite pas au XIXe siècle, pourrait être revisitée à l’aune de récentes études[3]. Des propositions de communication centrées sur des secteurs professionnels, des entreprises ou des lieux du travail salarié fourniraient autant d’éclairages bienvenus ; de même que les travaux qui chercheraient à saisir les populations au travail avec les outils les plus classiques de l’histoire sociale (enquête orale, méthodes quantitatives, exploitation des sources démographiques et des archives d’entreprise), assumant des questionnements sociologiques attentifs aux pratiques, aux trajectoires et aux interactions. On s’intéressera également aux rythmes et aux cadences auxquels les travailleur·se·s sont soumis, à leurs expériences professionnelles ordinaires, aux discriminations qu’ils et elles peuvent rencontrer.

La périodisation proposée enjambe volontairement le découpage classique de l’historiographie pour interroger dans la durée les mutations du travail dans les sociétés du Maghreb. Ce décloisonnement chronologique permet d’abord de prendre la mesure des continuités avec la période moderne et de rappeler que les populations maghrébines n’ont pas attendu la prise d’Alger en 1830 pour échanger, circuler et travailler[4]. De même, alors que la demande sociale est forte au Maghreb pour dresser un inventaire historique des indépendances, les travaux historiens manquent encore sur la seconde moitié du XXe siècle. Les contributions des sociologues, anthropologues, géographes ou politistes, qui les précèdent sur ce terrain, seront donc bienvenues pour nourrir des échanges interdisciplinaires durant cette journée.
Modalités de soumission

Les propositions de communication, comprenant un titre provisoire et limitées à 3 000 signes espaces compris, sont à envoyer avant le 15 mars 2020 simultanément à alacroix chez parisnanterre.fr et antonin.plarier chez gmail.com

Notes

[1] Emmanuel Blanchard et Sylvie Thénault, « Quel ‘‘monde du contact’’  ? Pour une histoire sociale de l’Algérie pendant la période coloniale », Le Mouvement Social, n° 236-3, sept. 2011, p. 3‑7.

[2] Élisabeth Longuenesse, Myriam Catusse et Blandine Destremau, « Le travail et la question sociale au Maghreb et au Moyen-Orient », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 105-106, 2005, p. 15‑43.

[3] Alessandro Stanziani, Le Travail contraint en Asie et en Europe, XVIIe-XXe s., Paris, MSH éditions, 2010.

[4] Isabelle Grangaud et M’hamed Oualdi, « Tout est-il colonial dans le Maghreb  ? Ce que les travaux des historiens modernistes peuvent apporter », L’Année du Maghreb, 10, 2014, p. 233‑254. Alain Sainte-Marie, « Aspects du colportage à partir de la Kabylie du Djurdjura à l’époque contemporaine », Cahiers de la Méditerranée, hors-série n°1, 1976.


Titre
« Algérie, XIXe-XXIe : nouveaux terrains, nouveaux objets » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mercredi 15 avril 2020
Descriptif

Cette journée d’études, englobant à la fois périodes coloniale et postcoloniale, est ouverte à l’ensemble des sciences sociales et à tous types de thématiques, se rapportant non seulement à l’Algérie mais aussi à ses liens avec d’autres territoires.

Depuis une vingtaine d’années, les travaux de chercheur.e.s sur l’Algérie contemporaine se nourrissent d’approches méthodologiques croisées, au carrefour des sciences humaines et sociales. Ces recherches ne cessent de se renouveler par l’exploitation de matériaux inédits ou peu explorés mais aussi par la redécouverte et la relecture de sources mieux connues.

Ce dynamisme de la recherche sur l’Algérie contraste avec la disparition, depuis quelques années, d’un rendez-vous francilien régulier permettant aux chercheur.e.s de présenter et d’échanger sur leurs travaux en cours.

La journée d’études « Algérie, XIXe-XXIe : nouveaux terrains, nouveaux objets » a pour objectif de faire se rencontrer et/ou se retrouver les spécialistes de cet espace. Il s’agit de présenter de nouvelles enquêtes et de nouveaux terrains, afin de constituer la base scientifique d’un séminaire appelé à se tenir dès l’année prochaine au sein de l’Université Paris-Nanterre. Cela permettrait de constituer un espace de rencontres pluridisciplinaires, tournées vers la connaissance de l’Algérie coloniale et contemporaine, dans la diversité des enjeux qui la traversent.

Cette journée d’études, aux bornes chronologiques volontairement larges, englobant à la fois périodes coloniale et postcoloniale, est ouverte à l’ensemble des sciences sociales, à des recherches encore en cours et à tous types de thématiques, se rapportant non seulement à l’Algérie mais aussi à ses liens avec d’autres territoires. Elle a pour ambition de réunir des communications dans lesquelles les questionnements méthodologiques, les hypothèses de recherche en construction ou encore les premiers résultats d’enquêtes en cours auront toute leur place. Les propositions des jeunes chercheurs et chercheuses sont particulièrement les bienvenues.

Chaque présentation sera suivie d’un temps d’échange important avec la salle et les autres participant.e.s., afin de favoriser une dynamique de co-construction des savoirs.

Modalités de soumission

Les propositions de communication (un titre et un résumé d’une page maximum) sont à envoyer au plus tard le 15 avril 2020 à je.algerie chez gmail.com

Les réponses aux propositions seront retournées par les organisateurs au début du mois de mai 2020.

Les frais de transport d’une partie des intervenant.e.s pourront être pris en charge.

Organisation
- Lydia HADJ-AHMED (Université Paris Nanterre, ISP)-
- Hugo MULONNIERE (Université Paris Nanterre, ISP)
- Manon WALIN (Université de Rouen Normandie, GRHIS)
- Victor DELAPORTE (Université Paris Nanterre, ISP)
- Fanny LAYANI (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS)
- Raphaëlle BRANCHE (Université Paris Nanterre, ISP)


Titre
« ’Can the Subaltern Speak’ à travers l’environnement ? Au carrefour entre histoire de l’environnement et subaltern studies », Revue Diacronie. Studi di storia contemporanea, 44, 2020 — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mercredi 15 avril 2020
Descriptif

En 1988, Gayatri Chakravorty Spivak publia son essai le plus influent dans les études post-coloniales et la théorie critique. Spivak est allée au-delà de la scène de la recherche académique sur le colonialisme et au-delà de ses enjeux : elle a expliqué pourquoi un seul récit de la réalité a été établi comme normatif et a également ouvert la voie au dépassement d’une telle normalisation (Spivak, 1988). "Can the Subaltern Speak ?" a posé des questions sur les groupes réduits au silence, colonisés, non entendus, invisibles et non représentés et, depuis sa publication, il a été cité, invoqué, imité et critiqué (Morris, 2010).

Les questions de Spivak nous semblent cruciales et d’actualité dans les foyers de recherche émergents en histoire de l’environnement et invitent les historiens de l’environnement à être critiques, à s’intéresser aux urgences écologiques actuelles, à se rapprocher des racines écologistes de la discipline (Egan, 2002 ; Offen, 2004 ; Armiero, 2008 ; Barca, 2014). En effet, les tendances récentes de la recherche sur la nature, la culture et l’histoire de l’environnement éclairent le passé des êtres humains dont les perspectives ont été négligées et non stockées dans les fichiers d’archives officiels, l’agence / le rôle des sujets écologiques dans la formation du passé, les moyens potentiels de décoloniser les pratiques et les philosophies de recherche (Thorpe, Rutherford et Sandberg, 2017).

De plus, toutes les initiatives coloniales et impériales - qui sont une composante essentielle des études subalternes - sont indissociables de l’histoire des changements environnementaux mondiaux. Les historiens ont exploré, entre autres phénomènes, les flux de matières premières ; les nouvelles méthodes d’agriculture ; le déplacement des peuples autochtones ; la fondation des villes coloniales (Beinart et Hughes, 2007 ; Beckert, 2014).

Avec ce numéro thématique, nous visons à réorienter et à interpréter le terme subalterne au sens large en relation avec l’environnement et nous envisageons cet enjeu comme un forum d’idées et de discussion dans le sous-domaine de l’histoire environnementale coloniale et postcoloniale. Nous attendons des contributions portant sur ces deux questions primordiales : qu’est-ce qu’un focus spécifique sur l’histoire de l’environnement ajoute au débat sur la subalternité ? Quel type d’implications méthodologiques et théoriques les études subalternes ont-elles sur l’histoire de l’environnement en tant que discipline ?

Dans ce cadre, nous sollicitons des propositions de contribution interrogeant ces questions, la liste n’étant pas exhaustive :
- remettre en question l’idée de l’environnement en tant que catégorie subalterne dans l’histoire ;
- investiguer l’époque coloniale et post-coloniale à travers le prisme de l’environnement (Sluyter, 2001 ; Sen, 2009) ;
- dévoiler le colonial et le subalterne dans les dynamiques socio-écologiques inégales des contextes non-coloniaux ;
- souligner les dimensions de l’écologie politique des histoires environnementales (Hornborg, 2007) ;
- lutter pour la justice environnementale et climatique : réponses des communautés aux risques environnementaux (Ziglioli, 2016 ; Dawson, 2017 ; Malavasi, 2018) ;
- (un)gendering nature : éco-féminisme et queer-ecology : (Scharff, 2003 ; Mortimer-Sandilands et Bruce Erickson, 2010) ;
- interpréter le lien environnement-indigénéité (Heatherington, 2010) ;
- relier l’histoire de l’environnement à l’histoire publique (Melosi, 1993).

Les auteurs peuvent nous adresser les résumés et les articles en italien, anglais, français, espagnol, portugais, allemand ou grec (les articles en portugais, allemand et grec seront traduits par la rédaction). Les articles seront soumis à une double évaluation anonyme (double-blind peer review) et devront être compris entre 35.000 et 55.000 signes et respecter les normes rédactionnelles ainsi que les consignes aux auteurs décrites ici : https://www.studistorici.com/proposte-di-contributi/ ; ils devront être envoyés à redazione.diacronie[athotmail.it]

Merci de nous envoyer un résumé de 1000 signes (max.) avant le 15 avril 2020 ; nous vous informerons de l’acceptation ou du rejet de la proposition au plus tard le 30 avril 2020. La date limite pour l’envoi des articles est le 30 juin 2020. Le numéro de la revue sortira en décembre 2020.

Références Bibliographiques
- ARMIERO, Marco, « Seeing Like a Protester : Nature, Power, and Environmental Struggles », in Left History 13, 1/2008, pp. 59-76.
- BARCA, Stefania, « Laboring the Earth : Transnational Reflections on the Environmental History of Work », in Environmental History, 19, 1/2014, pp. 3–27.
- BEINART, William, HUGHES, Lotte Hughes (edited by), Environment and Empire, Oxford, Oxford University Press, 2007.
- BECKERT, Sven, Empire of Cotton. A Global History, New York, Vintage Books, 2014.
- DAWSON, Ashley, Extreme Cities. The Peril and Promise of Urban Life in the Age of Climate Change, New York, Verso, 2017.
- EGAN, Michael, « Subaltern Environmentalism in the United States : A Historiographic Review », in Environment and History, 8, 1/2002, pp. 21–41.
- HEATHERINGTON, Tracey, Wild Sardinia : Indigeneity and the Global Dreamtimes of Environmentalism, Seattle, University of Washington Press, 2010.
- HORNBORG, Alf, Introduction : Environmental history as political ecology, in HORNBORG, Alf, McNEILL, John, MARTINEZ-ALIER, Joan R. (edited by), Rethinking environmental history : World-system history and global environmental change, Plymouth, AltaMira Press, 2007, pp. 1-24.
- MALAVASI, Giulia, Manfredonia : storia di una catastrofe continuata, Milano, Jaka Book, 2018.
- MELOSI, Martin, « Public History and the Environment », in The Public Historian, 15, 4/1993, pp. 10–20.
- MORRIS, Rosalind C. (edited by), Can the Subaltern Speak ? Reflections on the History of an Idea, New York, Columbia University Press, 2010.
- MORTIMER-SANDILANDS, Catriona, ERICKSON, Bruce Erickson, Queer Ecologies : Sex, Nature, Politics, Desire, Bloomington (IN), Indiana University Press, 2010.
- OFFEN, Karl H., « Historical political ecology : an introduction », in Historical Geography, 32/2004, pp. 19–42.
- SCHARFF, Virginia J. (edited by), Seeing Nature Through Gender, Lawrence (KS), University Press of Kansas, 2003.
- SEN, Malcom, « Spacial justice : The ecological imperative and postcolonial development », in Journal of Postcolonial Writing, 45, 4/2009, pp. 365–377.
- SLUYTER, Andrew, Colonialism and Landscape. Postcolonial Theory and Applications, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, 2001.
- CHAKRAVORTY SPIVAK, Gayatri, Can the Subaltern Speak ?, in NELSON, Cary, GROSSBERG, Lawrence (edited by), Marxism and the Interpretation of Culture, Basingstoke, Macmillan, 1988, pp. 271–313.
- THORPE, Jocelyn, RUTHERFORD, Stephanie, SANDBERG, L. Anders Sandberg (edited by), Methodological Challenges in Nature-Culture and Environmental History Research, London and New York, Routledge, 2017.
- ZIGLIOLI, Bruno, Sembrava nevicasse. La Eternit di Casale Monferrato e la Fibronit di Broni : due comunità di fronte all’amianto, Milano, Franco Angeli, 2016.


Titre
« Cultures urbaines en Afrique australes (XIXe-XXe siècles) », Revue d’Histoire Contemporaine de l’Afrique, 2 — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mercredi 15 avril 2020
Descriptif

Numéro coordonné par Sophie Dulucq, Noor Nieftagodien et Mathieu Rey

Date de dépôt des propositions pour le 15 avril 2020.

Consulter appel http://www.ifas.org.za/research/202...


Titre
« Knowing how to farm. Renegotiating global knowledge in rural societies in the 20th century » — Institute of Social Sciences, University of Lisbon
Date
Mercredi 15 avril 2020
Descriptif

« We are inviting contributions to a volume investigating the transnational history of rural and agricultural education in the twentieth century. Authors are invited to participate in a workshop to discuss preliminary papers to be held at the University of Basel, Switzerland, on 11 June 2020.

The nineteenth and twentieth centuries saw a proliferation of agricultural and rural education initiatives. Across the globe, agricultural colleges, village schools, farmers’ associations, home economics movements, children’s clubs, and agricultural extension services proliferated with the aim to scientifically transform farming practices and rural living conditions. Agricultural research and education in different countries emerged out of similar experiences of structural transformation, with the “agricultural question”, the commercialization of farming, and increasing urbanization challenging existing agricultural practices and rural livelihoods. Experts, officials, and rural producers sought new ways of ‘improved’ farming and rural living in order to compete in a context of rapid production and trade increase. At the same time, rural education constituted a way to deal with those who agricultural commercialization had left behind, as many governments and urban elites, driven by fears of social unrest or eugenic concerns, argued that struggling producers had better be contained in the rural areas rather than crowd the cities.

Agrarian historiography has neglected aspects of knowledge in this structural transition, overlooking the ways in which farmers, experts, and officials valued scientific knowledge as a resource and/or as a tool of social engineering. In addition, existing research that does take into account of the role of science in agrarian transformation has barely engaged with its profoundly transnational character. The striking resemblance of agricultural and rural education initiatives across the globe, however, was not only the result of parallel experiences, but also of far-ranging knowledge exchanges. Despite the fact that agriculture is highly place-specific, depending on local soil types and microclimates, farmers, rural homemakers, experts, and officials engaged in vibrant exchanges of agricultural and rural knowledge. This volume, discussing rural education in different parts of Europe, North and South America, India, and Africa, highlights these parallels and linkages. »

With this call, we would like to expand our existing group of contributors (historians working, among others, on Turkey, Greece, Costa Rica, South Africa, Liberia, and International Organizations).

We will pre-circulate papers and discuss them during a workshop at the University of Basel, Switzerland, on 11 June 2020.

The costs for travel and accommodation will be covered on the understanding that participants agree with the scope, purpose and timeline of the workshop.

To participate, please submit a 1-3 page summary of your planned contribution by 15 April, 2020 Julia.tischler chez unibas.ch ; heinrich.hartmann chez unibas.ch.

Full contributions, to be circulated in preparation of the workshop, are due by 1 June 2020. Please feel free to contact the conveners for a detailed outline of the workshop topic.


Titre
« L’histoire de l’éducation de la colonisation aux décolonisations en Afrique (années 1920 - 1970) » — Paris
Date
21-22 avril 2020
Titre
Jean-François Durand (Université Montpellier), « Littératures sahariennes » — Paris
Date
Mardi 21 avril 2020, 19 h-21 h
Titre
« Féminisme décolonial » — Paris
Date
Vendredi 24 avril 2020, 10 h-12 h
Descriptif

Discussion autour du texte d’Ochy Curiel, « Critique postcoloniale et pratiques politique du féminisme antiraciste »
Discutante : Jules Falquet (Univ. de Paris)


Titre
« L’orientalisme en train de se faire »/6 — Paris
Date
Vendredi 24 avril 2020, 13 h-17 h
Descriptif

(1) Le corps d’une famille : la maladie et la santé dans la correspondance Basset
Claire Fredj et Élise Paysant (ENS)
Discutante : Anne Rasmussen (EHESS)

(2) Construire l’internationale orientaliste. Basset, l’École d’Alger et le reste du monde
Augustin Jomier et Margo Stemmelin (doctorante à l’Université Paris 8-Saint-Denis)
Discutante : Anne Rasmussen


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