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Titre
« Dialogues et savoir-faire : construction des connaissances autour des enjeux et défis écologiques à Madagascar et dans l’Océan Indien » — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
28-29 octobre 2020
Titre
« Utopies et dystopies collectives en mondes ruraux : contestation, expérimentation, évasion », Civilisations, 70, 2021 — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
Vendredi 30 octobre 2020
Descriptif

Dossier coordonné par Madeleine Sallustio (Université libre de Bruxelles) & Maïté Boullosa-Joly (Université de Picardie Jules Verne)

L’investissement des mondes ruraux par des communautés contestataires ne date pas d’aujourd’hui. La stratégie de repli et d’éloignement par rapport aux lieux de centralisation du pouvoir a déjà été observée par les sociologues, les anthropologues et les historiens à différentes époques et endroits du monde.

Texte Appel

Les individus qui décident d’organiser collectivement leur vie quotidienne et leurs modes de production sont motivés par différentes aspirations. Ils peuvent défendre une volonté de prise de distance par rapport au système dénoncé dans une perspective contestataire anticapitaliste. À l’instar des « milieux libres » anarchistes du 19e siècle (Steiner 2016 ; Creagh 2009), des « Zones à Défendre » en Europe (Pruvost 2017 ; Verdier 2018 ; Subra 2017) ou des communautés révolutionnaires zapatistes au Mexique (Reyes & Kaufman 2011 ; Baschet 2020), ces collectifs s’affirment comme des espaces d’insubordination, de résistance et d’organisation militante.Les collectifs utopiques sont aussi défendus par leurs protagonistes comme des lieux propices à l’expérimentation d’alternatives sociétales, qu’elles concernent les modes de gouvernance, les techniques agricoles, les rapports de genre ou l’organisation du travail. C’est ce qu’ont étudié de nombreux scientifiques à propos des collectifs agricoles dits « néoruraux » en France (Léger & Hervieu 1979 ; Mercier & Simona 1983 ; Sallustio 2018), de certaines communautés agricoles familiales engagées dans la lutte pour la souveraineté technique (Adenle et al. 2019) ou d’autres « communautés intentionnelles » aux USA (Lallement 2019 ; Petitfils 2011).Ces collectifs sont également l’occasion pour les individus d’accroitre leur capacité d’action individuelle à travers l’apprentissage de nouveaux savoir-faire et la prise en main proactive de leur existence. Cette démarche individualisée se transforme en quête d’émancipation personnelle (Carlsson & Manning 2010) et d’un mode de vie rural romantisé dont sont vantés les bienfaits matériels comme la moindre pollution ou l’accès aux grands espaces (Clavairolle 2013 ; Lacroix 1981 ; Mauger & Fossé 1977 ; Wittersheim 2017 ; Rouvière 2016).

Les contributions scientifiques récentes sur le sujet demeurent toutefois isolées et peinent à faire corps. Or, interroger les formes contemporaines du phénomène d’installation de communautés anticapitalistes en milieu rural permet d’apporter un socle empirique aux Utopian Studies en anthropologie. Les imaginaires utopiques ou dystopiques qui animent les acteurs sociaux revêtent un intérêt heuristique indéniable pour saisir les critiques sociales contemporaines et les transformations sociales qui leur sont liées (Maskens & Blanes 2018 ; Fitting 2009 ; Appadurai 2013 : 286 ; Wallman 1992 ; Baccolini & Moylan 2003 ; Schaer et al. 2000 ; Shukaïtis et al. 2007 ; Moore 1990).

A l’heure où il semble plus facile d’imaginer la fin du monde que l’effondrement du capitalisme (Jameson 1994 : xii), nous souhaitons réunir dans ce dossier des analyses du quotidien de ces « utopies concrètes » (Wright 2017 [2010]) en milieux ruraux. L’objectif est d’en saisir le potentiel « créateur » (Cossette-Trudel 2010) ainsi que les valeurs sociales et les contradictions qu’elles entretiennent. Pour ce faire, nous investiguerons tout particulièrement quatre axes de réflexion.

1) Tout d’abord, celui de l’autonomie, entendue comme la volonté émancipatrice de « faire soi-même » et de chercher l’indépendance (financière, alimentaire, énergétique, gouvernementale). À l’heure d’une recrudescence des mouvements Do It Yourself, low tech ou « collapsologiques », les campagnes sont réinvesties par des acteurs soucieux de se réapproprier une certaine souveraineté technologique et alimentaire. Ils souhaitent ainsi participer à une réappropriation de la définition du « progrès » (Grimaud et al. 2017 ; Dobré 2002 ; Pruvost 2013, 2015 ; Jarrige 2014 ; Lallement 2019). À travers quels types d’activités se manifeste cette quête d’autonomie ? Quels modes d’organisation interne (du travail, de la famille, des rites ou autres) sont déployés par les acteurs pour y parvenir ? Quels facteurs économiques, politiques ou géographiques entravent ou favorisent ces initiatives ?

2) Les mondes ruraux offrent par ailleurs un cadre spécifique à la réalisation de ces pratiques autonomes, tout particulièrement en ce qui concerne les vastes espaces qui entourent parfois les collectifs et la possibilité de cultiver la terre. L’aspect environnemental de ces projets utopiques constitue le deuxième axe de réflexion de ce dossier. Nous nous intéresserons aux représentations de la nature véhiculées par les pratiques agricoles développées par les acteurs. Ces derniers sont-ils portés par une « nostalgie structurelle » attachée à l’idée de ruralité (Herzfeld 2007) ? Revendiquent-ils une filiation avec la paysannerie traditionnelle ? Quelle est la place accordée à la conservation du patrimoine naturel et à la biodiversité animale et végétale ? Les acteurs font-ils référence à la permaculture dans la mise en place de leur projet agricole ? Quelle place est accordée au végétarisme ou au véganisme dans leur pensée politique ? L’analyse des registres symboliques qui entourent l’entretien du paysage, du végétal, de l’animal permettra d’en apprendre davantage sur les courants philosophiques portés par ces acteurs.

3) A ce titre, nous cherchons aussi à appréhender la critique sociale et le travail idéologique qui sont développés au sein de ces collectifs. Quelles sont les thématiques politiques le plus souvent abordées par les acteurs ? Comment se manifeste leur volonté de transformation sociale ? Dans quelle mesure celle-ci s’inscrit-elle dans la continuité d’une pensée politique historique ? Mobilisent-ils des stratégies d’action innovantes ? Quels sont les canaux de socialisation, de formation et de sensibilisation préconisés ? De nombreux auteurs ont par ailleurs témoigné d’un abandon des temporalités optimistes révolutionnaires au profit d’une perspective dystopique et présentiste (Dubar 2011 ; Leccardi 2011 ; Foessel 2012 ; Diaz 2017 ; Dupuy 2002 ; Chateauraynaud 2013). Qu’en est-il des temporalités véhiculées dans leurs ambitions contestataires ? Comment les individus qui investissent ces collectifs envisagent-ils le passé, le présent et l’avenir ?

4) Enfin, nous nous pencherons sur les modes d’organisation et de prise de décision internes. Ces initiatives d’investissement politique des campagnes sont parfois le théâtre d’expérimentation de modes de gouvernance participatifs (Sallustio 2019). De quelle façon les acteurs interrogent-ils les rapports de pouvoir et que mettent-ils en place pour les dépasser ? Quelle place est accordée aux rapports de genre dans l’organisation collective ? Il nous importera aussi de savoir quel est le rapport entretenu par les acteurs avec les structures étatiques et la démocratie représentative. Ces collectifs continuent-ils d’entretenir des relations avec des institutions ou organisations officielles ? Si oui, quelles en sont les modalités d’organisation et les points de friction ?

Ce numéro s’inscrit dans une démarche multidisciplinaire. Il est ouvert à des contributions anthropologiques, historiques, sociologiques ou de sciences politiques. Les matériaux ethnographiques, les extraits d’entretiens et le travail photographique / iconographique sont bienvenus, de même que les réflexions sur la méthodologie adoptée sur le terrain.

Modalités de soumission

Les propositions d’articles, en français ou en anglais britannique (un titre et un résumé de 500 mots + 5-6 mots-clés), sont à envoyer avant le 30 octobre 2020 au secrétariat de la Revue civilisations chez ulb.ac.be

Consignes aux auteurs


Titre
« Pouvoirs et ressources naturelles » — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
Samedi 31 octobre 2020
Descriptif

Rassemblant des chercheurs issus d’horizons disciplinaires différents (archéologues, historiens, géographes, sociologues, économistes, juristes, écologues...), le cycle « Ressources naturelles : concepts, usages et pratiques » entend explorer la question des ressources naturelles envisagée dans le temps et dans l’espace, relatives à l’agriculture, la sylviculture, la pêche, l’artisanat ou encore l’industrie et l’énergie. À l’heure où de nouvelles normes environnementales sont définies, où les ressources naturelles sont l’objet de discussions très vives, il semble important de ré-interroger la question en l’inscrivant dans la longue durée, attentif aux transformations, aux accélérations ou stagnations, aux seuils de réversibilité dans l’exploitation des ressources.

Ce cycle comportera deux rencontres : 1 - Pouvoirs et Ressources naturelles (2021) ; 2 - Les temps de transition (2023)

Le premier volet portera sur pouvoirs et ressources naturelles.

Texte Appel

L’exploitation des ressources naturelles par les sociétés a impliqué de gérer à la fois l’accès et le partage social de celles-ci.

Le premier des objectifs est de s’interroger sur la définition de la ressource. Comme le rappelaient Ph. et G. Pinchemel (1988) dans La face de la Terre : « Les ressources d’un milieu ne deviennent telles que si les hommes les perçoivent comme de possibles richesses ou que, si les connaissant, ils les recherchent explicitement. A l’intérieur d’une culture, ce sont bien les conditions techniques, politiques et économiques qui créent les ressources naturelles ».

Cette question semble indissociable de celle de l’acception de cette notion, de son évolution dans le temps, en somme de la conception que les différents groupes d’acteurs ont de leur milieu et de ses potentialités. Selon les lieux et les périodes, selon également les contextes socio-écologiques, politiques et culturels, les ressources sur lesquelles les sociétés se sont focalisées, sont fluctuantes. Il s’agit alors de rendre compte des hiérarchies établies entre les ressources par les différents groupes sociaux composant une même société, d’identifier et d’analyser ces changements de statut de la ressource.

Une réflexion doit être engagée sur les acteurs du pouvoir, que celui-ci soit politique, économique..., sur leur multiplication et leur diversification au cours du temps, leurs intérêts divergents, sur la juxtaposition, l’enchevêtrement de ces différents pouvoirs, leurs différents niveaux d’intervention : à l’échelle locale (celle du territoire d’usage), régionale, nationale et supra-nationale caractéristique de l’époque industrielle.
La réflexion doit porter également sur la question de la propriété et des usages des ressources.

On sait combien la question de la propriété avant la Révolution française est une question complexe dans la mesure où il semble n’y avoir eu aucune définition claire et unique. Comment se sont établis les « droits » de propriété, de jouissance des ressources ? À quelle échelle ? À quelle forme d’organisation sociale ont-ils donné lieu ? Quelles marques paysagères ont-ils laissées aujourd’hui ?

Une autre question est celle de l’identification de la part et de l’impact des acteurs des pouvoirs à travers les modalités de gestion : à travers les règles et normes élaborées par les pouvoirs, les dispositifs de contrôle... Il s’agira également de mesurer l’efficacité de ces dispositifs. Sont-ils appropriés à la gestion des ressources, plus largement aux écosystèmes dont elles sont issues ? Quelles traductions environnementales ont ces organisations socio-politiques ? Les analyses qui se sont multipliées en archéologie environnementale et en économie des ressources naturelles sont susceptibles d’apporter des éléments de réponse.

On s’attachera encore à mesurer les impacts des évolutions et ruptures politiques dans la gestion des ressources (Empire romain/ Haut Moyen Âge, fin de l’Ancien régime, Révolutions communistes, par ex.)

L’exploitation des ressources naturelles par les sociétés a impliqué de gérer à la fois l’accès et le partage social de celles-ci. Les statuts des ressources (de la propriété partagée, collective, à la propriété privée, exclusive (monopole seigneurial par exemple) peuvent évoluer, entraînant par là même des changements dans l’accès à ces produits. On s’intéressera alors tant aux conflits générés par ces changements de statut de la ressource (voir les multiples travaux sur les biens communaux), qu’aux entreprises et aux solutions techniques (technologiques) trouvées par les différentes sociétés pour accéder aux ressources.

Les discussions doivent permettre, comme de coutume dans notre groupe « Sociétés-Environnement », d’ouvrir le dialogue interdisciplinaire entre historiens, archéologues, géographes, mais également écologues, économistes et juristes échangeant les approches et la sémantique, les protocoles de recherche et les questions.
Modalités de contribution

Les propositions de communications et de posters devront comporter un titre court et suggestif, 5 mots-clés et un argumentaire (3200 signes espaces comprises présentés en une page sous fichier word de préférence), jalonné éventuellement par quelques intertitres courts et explicites. L’auteur doit indiquer ses coordonnées (courriel, téléphone, coordonnées postales).
Ces propositions sont à adresser au plus tard le 31 octobre 2020 à l’adresse suivante en précisant l’objet Pouvoirs et ressources fabrice.guizard chez uphf.fr

Les auteurs seront avisés du résultat des délibérations à la fin du mois de novembre. Des précisions seront alors données sur l’organisation matérielle du colloque. Les rencontres ne prennent en charge que l’hébergement et la restauration des communicants (si plusieurs auteurs, un par communication).

Les communications et posters seront publiés, après avis du comité scientifique, au premier semestre 2022. Il conviendra donc de respecter scrupuleusement les normes éditoriales et la date ultime de remise des manuscrits (fin septembre 2021).

Comité scientifique

Adrien Bayard (Université d’Artois)
Corinne Beck (UPHF)
Jérome Buridant (Université de Picardie Jules Verne)
Anne Fournier (UPHF)
Marc Galochet (UPHF)
Fabrice Guizard (UPHF)
Patrice Herbin (Service Archéologie et Patrimoine du Département Nord)
Marc Suttor (Université d’Artois)
Carole Vandamme (Service Archéologie et Patrimoine du Département Nord)
Laurent Verslype (UCLouvain)


Titre
« 1956-1958 : une époque de révolutions qui changèrent l’Afrique (et le monde) » — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
Samedi 31 octobre 2020
Descriptif

The objective of this panel is to compare the various social mobilizations that took place in Africa during the years 1956-1958 and which arguably constitute a historical watershed. The main aim of the panel is not the making of an abstract comparative analysis, but the analysis, based on the testimonial material collected, of how the memory of these events has been structured over time. Moreover, we are interested in understanding what the impacts of these social movements were on the structuring of states and what continuities can be found between the mobilizations of that period and the ary social mobilizations that have shaken the continent in the last ten years, from the ‘Arab Spring’ of 2011 onwards.

Texte Appel

Les années 1956-1958 constituent une période charnière dans l’histoire de l’Afrique et de ses mouvements sociaux. Au Maroc et en Tunisie, la fin des Protectorats (mars 1956) est la conséquence logique de deux décennies de combat mené par les respectifs mouvements nationalistes. Il en avait été de même pour l’indépendance du Soudan, effective à partir du 1er janvier 1956. En 1957, plus au Sud, le Ghana, guidé par Kwame Nkrumah, refuse tout accord avec la métropole coloniale obtenant son accès à la pleine souveraineté le 6 mars, suivi une année plus tard par la Guinée (2 octobre 1958). S’ouvre ainsi la voie à la libération du joug colonial de nombreux autres pays du continent. Là où la présence européenne rechigne à céder le pas, les mouvements nationalistes essayent de renforcer leurs positions. C’est le cas du Front de Libération National algérien qui constitue au Caire, en septembre 1958, son Gouvernement Provisoire destiné à jouer un rôle fondamental à la fois dans la poursuite de la lutte armée et dans les négociations avec la France qui mèneront le pays à l’indépendance en 1962 ; ou de l’Armée de Libération qui avait combattu contre les Français au Maroc, et qu’à la fin de 1956 décide de continuer la lutte pour l’émancipation de la tutelle coloniale en Mauritanie et au Sahara espagnol.

Dans tous les cas cités, le succès de la lutte anticoloniale n’a pas signifié la fin de la lutte politique. L’objectif des mouvements sociaux a changé, et les mobilisations ne sont plus contre un ennemi extérieur mais pour obtenir un espace au sein des nouveaux États, consolidant leurs assises sociales. D’ailleurs, cela se produit déjà dans d’autres pays, comme l’Égypte, où un puissant mouvement ouvrier avait déjà découvert le visage autoritaire du régime militaire « révolutionnaire » de juillet 1952, et avait encore pu se mobiliser à partir de l’agression tripartite de Suez en 1956.

Il est important de souligner que le contexte international, dans lequel s’inscrivent aussi les mobilisations sociales africaines, est riche d’événements qui ont certainement un impact sur le continent. Il suffit de penser au nouveau cours soviétique qui s’inaugure au début de 1956 avec l’ouverture du XXe congrès du PCUS à Moscou, et aux espoirs d’ouverture qu’il suscite dans les pays du bloc communiste, provoquant, par exemple, la révolution hongroise d’octobre/novembre 1956.
Objectifs du panel

L’objectif de ce panel est de mettre en comparaison les différentes mobilisations sociales qui eurent lieu en Afrique au cours des années 1956-1958 et qui, d’après les auteurs de cette proposition, constituent un véritable tournant dans l’histoire. Il ne s’agit pas, toutefois, de faire une analyse comparative abstraite mais d’analyser, à partir d’une analyse des témoignages collectés, comment la mémoire de ces événements s’est structurée dans le temps. Il s’agit aussi de comprendre quels furent les impacts de ces mouvements sociaux sur la structuration des Etats et quelles continuités peut-on retrouver entre les mobilisations de cette époque et les mobilisations sociales plus contemporaines qui ont secouées le continent dans les dix dernières années (printemps arabes de 2011, mouvements sociaux au Maroc, au Sahara, en Algérie et au Soudan, etc.).

Responsables du panel : Francesco Correale (CNRS – UMR 7324 CITERES, Tours/France) et Gennaro Gervasio (Univ. Rome III, Rome – Italie)


Titre
« L’intérêt d’étudier l’Histoire du Droit de Madagascar », Revue malgache d’Histoire du Droit (RMHD), 1, 2021 — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
Dimanche 1er novembre 2020
Descriptif

Revue portée par la Société malgache d’Histoire du Droit (SMHD), présidée actuellement par L. Noronavalona

Appel : La revue recherche des contributeurs et des membres pour son comité scientifique (à partir du doctorat ou Master 2 acquis)

« Dans le but de promouvoir l’association et ses missions auprès d’un plus large public, qu’il soit universitaire ou non, la SMHD a pour projet de réaliser annuellement une revue numérique, consacrée à l’Histoire du Droit de l’Île Rouge. Elle s’intitulera Revue malgache d’Histoire du Droit (RMHD) et sera disponible, gratuitement, sur le site internet de l’association. A l’occasion du soixantième anniversaire du retour de l’Indépendance, qui sera célébré le 26 juin prochain, la SMHD souhaite publier son premier numéro à la fin de cette année 2020
Ce premier numéro de la RMHD aura pour thème « L’intérêt d’étudier l’Histoire du Droit de Madagascar ». L’« Histoire du Droit » doit être entendue dans la pluralité de ces composantes : l’Histoire du Droit privé et ses sources, l’Histoire de la Justice, l’Histoire des Institutions publiques et l’Histoire des Idées politiques.… »

Texte Appel

Titre
« Encyclopédie des historiographies : Afriques, Amériques, Asies » : Afrique (XVIIIe-XIXe) — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
Mardi 3 novembre 2020
Descriptif

(coord. Didier Nativel)

- En lecture : Manuscrits de Tombouctou (J-L. Triaud)
- En discussion : Sources haoussas et kanouris, 18e-19e siècle, le projet Langarchiv (Camille Lefebvre, CNRS, IMAF)


Titre
« Une histoire de l’Algérie par les sources arabes » — Université d’Antsiranana-Madagascar
Date
Mardi 3 novembre 2020, 18 h-20 h
Descriptif

Rencontre avec Augustin Jomier

Informations sur le site de la BULAC.

Compte tenu des conditions sanitaires, une réservation est indispensable pour assister à la rencontre. L’événement sera enregistré et rediffusé sur la chaîne vidéo de la BULAC.


Titre
« Les civilisations du canal de Mozambique » — Mamoudzou, Mayotte
Date
Du 4 au 7 novembre 2020
Titre
« Distances (XVe-XVIIIe siècle)/Distanze (XV-XVIII secolo) » — Marseille
Date
5-6 novembre 2020
Descriptif

Colloque organisé par le Centre Norbert Elias, l’EHESS, l’Université La Sapienza de Rome et a reçu le Label Université Franco-Italienne.

En raison des conditions sanitaires, les jauges des salles sont diminuées et nous devons fournir une liste des participants : merci de nous écrire à l’avance si vous souhaitez assister au colloque (distances2020 chez gmail.com).Dans une optique interdisciplinaire, ce colloque international se propose d’étudier la notion de distance à l’époque moderne (XV-XVIIIe siècle), en la considérant comme un angle essentiel pour les approches spatiales et multi-scalaires mobilisées dans de nombreux travaux en histoire. Que ce soit en termes de circulations, d’échanges ou encore de liens sociaux, les distances se pratiquent et s’éprouvent. Intervalles physiques ou symboliques, elles permettent donc d’aborder le rapport qu’entretiennent les hommes à leur espace.

Les deux journées s’articuleront autour de six sessions : les (Géo)politiques et les stratégies de la distance, les récits et perceptions de la distance, l’usage des SIG pour étudier les distances, la distance des arts et des symboles, expérience et conditions matérielles de la distance écritures, et les représentations de la distance.

Comité scientifique : Daniele Argenio, Giovanni Contel, Florie Imbert-Pellissier, Angelo Odore, Léa Renucci.

Programme


Titre
Catherine Benoît (PR anthropologie, Connecticut College), « Nécropolitiques aux frontières ultramarines françaises : Maroni, Canal du Mozambique et Méditerranée » — Marseille
Date
Jeudi 5 novembre 2020, 19 h-21 h
Descriptif

Programme du second cycle du séminaire CoPALC : cycle de huit sessions ouvrant des perspectives larges et au plus près des dynamiques de recherche les plus contemporaines. Variété des espaces étudiés, diversité disciplinaire et géographique sont autant de clés d’une meilleure compréhension des sociétés carcérales et disciplinaires à l’échelle continentale.

Le séminaire se déroule en ligne sur la chaîne YouTube où vous pourrez trouver les enregistrements des sessions du premier cycle.

Le séminaire se tient deux jeudis par mois à 19h (Paris) et est trilingue (portugais, anglais, français).

Session du 5 novembre (en français) : Catherine Benoît (professeure d’anthropologie, Connecticut College), « Nécropolitiques aux frontières ultramarines françaises : Maroni, Canal du Mozambique et Méditerranée »

Vous pourrez vous tenir informé plus largement de nos activités sur le carnet Hypothèses de notre groupe : h.

Groupe CoPALC


Titre
« La géographie francophone dans les changements environnementaux globaux. Quelle(s) climatisation(s) de la discipline ? » — Campus Condorcet
Date
Vendredi 6 novembre 2020
Titre
« Encyclopédie des historiographies : Afriques, Amériques, Asies » : Afrique au XXe siècle — Campus Condorcet
Date
Mardi 10 novembre 2020
Descriptif

(coord. Didier Nativel)

- En lecture : Chants de révolte (chimurenga songs) du Zimbabwe (Elara Bertho)
- En discussion : L’historiographie des villes d’Afrique subsaharienne (Didier Nativel, Université de Paris, CESSMA)


Titre
« France, Allemagne, Afrique : représentations, transferts, relations » — Berlin, Allemagne
Date
Du 12 au 14 novembre 2020
Titre
« Nouvelles et anciennes routes de la soie : discours et savoirs طريق الحرير القديمة والحديثة : بين الخطاب والمعرفة The Ancient and the New Silk Roads : Discourse and Knowledge 新旧丝绸之路:话语与知识 » — Université de Montpellier 3
Date
Du 12 au 14 novembre 2020
Titre
« Etat de la recherche sur les récits de voyage entre l’Europe et l’Amérique latine (XVIIIe-XIXe siècles) » — Université de Montpellier 3
Date
Dimanche 15 novembre 2020
Descriptif

Cette journée d’étude se veut un espace de réflexion et d’échange assez large sur un ensemble de travaux en cours qui abordent directement ou indirectement ce sujet, particulièrement pendant la période allant des Lumières aux indépendances et aux consolidations des nouvelles républiques américaines.
Elle est organisée par Matthias Soubise (ENS de Lyon) et Daniel Lopez (Université Clermont-Auvergne), avec le soutien de l’ENS de Lyon, de l’Institut universitaire de France, de l’IHRIM (UMR 5317) et des écoles doctorales Lettres, Langues, Linguistique & Arts (ED 484) et Lettres, Sciences humaines et sociales (ED 370).

Les récits de voyage en Amérique latine sont un objet d’étude fertile, qui a donné lieu à de multiples travaux dans différents domaines des deux côtés de l’Atlantique. Cette journée d’étude se veut un espace de réflexion et d’échange assez large sur un ensemble de travaux en cours qui abordent directement ou indirectement ce sujet, particulièrement pendant la période allant des Lumières aux indépendances et aux consolidations des nouvelles républiques américaines.
Qu’il soit utilisé comme un document à portée historique ou bien comme un texte proprement littéraire, le récit de voyage est un objet crucial pour comprendre la manière dont l’Amérique latine a été décrite et comprise, et, en retour, comment les nations latino-américaines se sont aussi représentées elles-mêmes.
Le XVIIIe siècle est une période florissante pour les récits de voyage, les journaux ou les carnets, imprimés ou manuscrits, qui s’inscrivent dans un mouvement plus large d’exploration, de collecte et de connaissance accrue de toutes les parties du monde (Bourguet, 1996). Au XIXe siècle, avec l’avènement des jeunes républiques en Amérique, les voyages apparaissent, entre autres, comme l’occasion pour certains acteurs européens d’étudier, voire d’influer, les nouvelles formes de gouvernement ou de sonder les possibilités de commerce qui s’ouvrent (Pérez Mejía, 2002). Au cours des deux siècles, le genre viatique continue son essor auprès d’un public toujours plus large, avide d’aventure et d’exotisme, au moyen de publications périodiques, du Journal des savants au Tour du Monde et à La Revue des deux mondes.

Le récit de voyage fait émerger une « zone de contact » (Pratt, 1992) entre deux espaces traversés par le voyageur – espaces marqués par des relations d’asymétrie et de domination que le récit traduit. Les récits de voyage ne sont pas seulement un compte rendu de la connaissance d’un lieu. Ils en donnent aussi une représentation en construisant des imaginaires. En effet, d’une part, ces récits et l’appareil paratextuel (Genette, 1987) qui les encadre mettent en lumière des réalités parfois délaissées ou passées sous silence par les locaux et, de l’autre, ils révèlent des visions, projets et enjeux qui surpassent le simple cadre anecdotique, la description de peuples et coutumes « étranges », la relation de découvertes scientifiques ou d’exploits en tout genre. Le regard porté sur l’Autre le plus souvent en tant qu’objet, que ce soit l’espace ou les sujets qui y habitent (Colin, 2009), en serait un exemple. Si des courants relativement récents (Pratt, Saïd) prônent cette approche, il ne faudra pas négliger cependant la féconde circulation d’idées et les discussions favorisées en Europe par ce genre textuel. Or, ces récits, largement diffusés, réédités, compilés, traduits, peuvent être également réappropriés par les anciennes colonies dans le but construire des référents identitaires. Sujet à l’origine de controverses, mais dont l’accomplissement effectif est encore aujourd’hui constatable, les récits de voyage intègrent souvent des collections éditoriales officielles ou privées en tant que textes fondateurs de la nation (Fontana, 2011 et Sorá, 2010). L’Amérique latine, enfin, n’est pas seulement un espace parcouru par des Européens, il fait aussi l’objet de voyages de membres des élites sud-américaines dans une logique de connaissance et de contrôle des territoires nationaux. Ce dessein d’auto-reconnaissance et d’auto-détermination de la part des élites des nouvelles nations élargira également les horizons de recherche et d’exploration car des intellectuels, commerçants, hommes politiques et cosmopolites latino-américains voyageront aussi en Europe, aux États-Unis et ailleurs : l’on peut mentionner, par exemple, Viajes por África, Europa y América de Domingo Faustino Sarmiento (1849), ou encore Viajes de un colombiano en Europa de José María Samper (1862).

Les réflexions pourront se développer sur l’un de ces axes interdépendants, dont les approches sont mentionnées à titre indicatif :
- Édition et histoire du livre : la place des récits de voyage dans la production imprimée ; les réseaux de diffusion ; le rôle de la presse dans la diffusion des récits de voyage ; la place et les enjeux des illustrations et des cartes dans les récits de voyage ; le marché éditorial et les lecteurs ; éditer des récits de voyages aux XVIIIe et XIXe siècles (formes, supports, enjeux).
- Le récit de voyage comme genre littéraire : la construction, l’affirmation et les critiques de ce genre ; les approches poétiques, stylistiques et intertextuelles ; la création de la figure du voyageur en Amérique latine et en Europe ; la place de la fiction et la question des mythes.
- La construction des savoirs et leurs imaginaires : les expéditions naturalistes ; l’Amérique latine comme objet scientifique : l’usage des récits de voyage dans la construction de systèmes scientifiques et philosophiques ; les imaginaires scientifiques : la construction de la nature, la figure du voyageur scientifique.
- Idées et sociétés : la question coloniale et postcoloniale, les indépendances et les constructions de modèles nationaux ; les réceptions et les usages des récits de voyages : réappropriations, variations, traductions ; l’Amérique latine comme laboratoire politique (temps des révolutions, exils…) ; la construction de l’Autre et les discours sur l’altérité ; femmes et voyages.

Modalités de contribution

Les propositions pourront venir de différents domaines d’études : littératures (toutes langues et aires culturelles), littérature comparée, histoire et histoire des sciences, histoire de l’art, philosophie et histoire des idées, etc. Elles sont à envoyer conjointement aux deux organisateurs matthias.soubise chez ens-lyon.fr et daniel.lopez chez etu.uca.fr avant le 15 novembre 2020.

Les propositions contiendront un titre, un résumé d’environ 500 mots, en français, une liste non exhaustive de références, ainsi que le nom et l’institution d’appartenance de l’auteur).

(publication des communications retenues : mi-décembre 2020).
Organisation

Comité sélection des propositions
- Matthias Soubise : doctorant ENS Lyon Département des Langues - Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités IHRIM (UMR 5317).
- Daniel Lopez : doctorant ED LLSH Université Clermont-Auvergne - Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités IHRIM (UMR 5317).

Bibliographie indicative

Bertrand M., et al., À la redécouverte des Amériques : Les voyageurs européens au siècle des indépendances, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2002.

Samir Boumediene, La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750), Vaulx-en-Velin, Éditions des Mondes à faire, 2016.

Bourguet M.-N., « L’explorateur », dans Michel Vovelle, L’homme des Lumières, Paris, Éditions du Seuil, 1996, p. 285-346.

Cañizares-Esguerra J., How to Write the History of the New World. Histories, Epistemologies, and Identities in the Eighteenth-Century Atlantic World, Stanford, Stanford University Press, 2001.

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