Appel
Date limite de soumission : dimanche 22 février 2026
Appel à communications pour un atelier qui se déroulera dans le cadre du prochain congrès de l’Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie (AFEA), à Marseille, du 28 au 30 octobre 2026.
Envoyer les propositions pour le 22 février à cbaticle chez aol.com et à laurence.boutinot chez cirad.fr
« Dans les pays occidentaux, l’histoire des représentations de l’Autre montre une extrême variabilité, entre orientalisme ambigu (Edward Saïd, 1978) et mythe du "bon sauvage" (Montaigne, 1580). Depuis la résolution adoptée par l’assemblée générale de l’ONU en 2007, ces Autres bénéficient parfois d’une reconnaissance en tant que peuples autochtones (Bellier, 2013). Progressivement leurs modes de vie ont été appréhendés, en particulier par les mondes académiques, comme respectueux de leurs environnements et donc inspirant dans le contexte anxiogène du changement climatique et de la baisse de biodiversité.
En novembre dernier, lors de la COP 30, le message diffusé par les ONG écologistes consistait à dire "la solution, ce sont les peuples autochtones". Le tournant ontologique (Descola, 2005) pousse ainsi certaines approches théoriques à faire du capitalisme déprédateur et extractiviste un produit de ce rapport "naturaliste" au monde, qui émergerait en Europe avec la modernité. D’autres courants de pensée estiment au contraire cette perspective discutable, maintenant le primat du capitalocène (Malm, 2017) comme source de l’exploitation de la nature. Le débat porte d’une part sur les concepts, comme celui de nature lui-même, issu d’un "grand partage" contestable (Charbonnier, 2015) ou a contrario nécessaire (Dupouey, 2024). Mais il s’agit également de réfléchir à la sacralisation du vivant qui est contenue en germe dans la contestation du naturalisme. Entre raison et raisonnable il peut se trouver un hiatus béant, ce qu’à largement montré l’exploitation des ressources, mais inversement un appel au sacré peut être raisonnable tout en blessant la pensée rationnelle.
Plutôt que de faire des choix philosophiques, nous invitons les propositions de communications à se poser résolument du côté des enquêtes de terrain. Dans les études consacrées aux peuples autochtones, comment est perçue cette mauvaise conscience occidentale ? Qu’en est-il concrètement de ces modes de vie auxquels on accorde des vertus ecofriendly ? Autrement dit, nous proposons de réfléchir à des solutions fondées sur l’autochtonie à l’aune d’une ethnographie terrestre, comme elle le fut dès ses origines. »
Colloque
Du 28 au 30 octobre 2026 (Marseille)
Congrès de l’Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie (AFEA)
Page créée le lundi 16 février 2026, par Webmestre.