Accueil ▷ Actualités ▷ Actualités
(Re)Lire / Écouter / Voir
Vendredi 13 mars 2026
« Comment gouverner une société dont on ignore les lois, les mœurs et même les langues ? Tel est le problème qu’a rencontré l’East India Company, la plus puissante entreprise capitaliste de tous les temps, lorsqu’elle s’est taillé un immense empire colonial en Inde à la fin du XVIIIe siècle. Grâce à une plongée dans des archives méconnues, ce livre montre que l’Inde britannique a été un laboratoire du colonialisme moderne. C’est là en effet qu’ont été élaborés des technologies de gouvernement à distance et des savoirs sur les cultures non européennes qui continuent de façonner notre modernité politique et scientifique.
Proposant un récit vivant, au plus près des acteurs qui ont mis en place la domination européenne, Gildas Salmon retrace leurs échanges avec les interlocuteurs indiens dont ils dépendaient pour comprendre la société qu’ils voulaient gouverner. L’étude de ces interactions paradoxales où les colonisateurs devaient se mettre à l’école des colonisés le conduit à développer une thèse originale : le colonialisme n’a pas " inventé l’Orient ", il a capturé des savoirs et des techniques autochtones afin de renforcer son pouvoir.
Pour permettre à une poignée d’Européens de gouverner des dizaines de millions d’Indiens, l’Empire britannique n’a fait appel ni à la logique de la souveraineté, qui a servi de pivot à la construction des États-nations, ni à la logique du dressage disciplinaire identifiée par Michel Foucault dans les manufactures, les armées et les prisons de l’Europe moderne. Il a mis au point une technologie de contrôle plus économe et plus souple : la supervision, qui lui a servi à s’approprier les compétences d’agents hautement qualifiés. »
Conférence
Vendredi 13 mars 2026, 18 h-19 h 30 (École normale supérieure)
Evènement organisé par la revue Le Grand Continent
Gildas Salmon entrera en discussion à cette occasion avec :
Anne-Julie Etter, maîtresse de conférences à Cergy Paris Université ;
Rahul Markovits, maître de conférences habilité à diriger des recherches en histoire moderne, directeur du département d’histoire de l’École normale supérieure
Grâce à une plongée dans des archives méconnues, Gildas Salmon montre comment l’Inde britannique a été un laboratoire du colonialisme moderne. C’est là qu’ont été élaborés des technologies de gouvernement à distance et des savoirs sur les cultures non européennes qui continuent de façonner notre modernité politique et scientifique.
L’étude des interactions paradoxales où les colonisateurs devaient se mettre à l’école des colonisés le conduit à développer une thèse originale : le colonialisme n’a pas "inventé l’Orient", il a capturé des savoirs et des techniques autochtones afin de renforcer son pouvoir. Pour permettre à une poignée d’Européens de gouverner des dizaines de millions d’Indiens, l’Empire britannique n’a fait appel ni à la logique de la souveraineté, qui a servi de pivot à la construction des États-nations, ni à la logique du dressage disciplinaire identifiée par Michel Foucault dans les manufactures, les armées et les prisons de l’Europe moderne. Il a mis au point une technologie de contrôle plus économe et plus souple : la supervision, qui lui a servi à s’approprier les compétences d’agents hautement qualifiés, chargés d’administrer des colonies situées à l’autre bout du monde.
Ouvert à tous mais le nombre de places disponibles étant limité, il est obligatoire de s’inscrire préalablement ici.
Page créée le vendredi 13 mars 2026, par Webmestre.