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Appel
Date limite de soumission : lundi 1er juin 2026
Ce numéro de la revue Esclavages et Post-Esclavages, coédité par Beatriz Mamigonian (Universidade Federal de Santa Catarina) et Mariana Dias Paes (The American University of Paris) explorera divers aspects de la mise en esclavage illégale et de la remise en esclavage dans le monde atlantique, du xve siècle à nos jours et accueillera des contributions en anglais, français, portugais ou espagnol.
L’esclavage a été une institution légale dans différentes juridictions du monde atlantique jusqu’au tournant du xxᵉ siècle. Néanmoins, même pendant les périodes où la légalité de l’institution de l’esclavage était largement reconnue, certaines pratiques de mise en esclavage étaient considérées comme illégales. Celles-ci variaient considérablement en fonction des conditions religieuses, politiques et économiques. Dans le monde chrétien, la mise en esclavage de ceux considérés comme infidèles ou païens était accepté, et les guerres contre eux étaient justifiées. La légalité de la mise en esclavage des peuples autochtones d’Amérique a été débattue dès les premières décennies de l’occupation européenne du continent et est restée contestée jusqu’au xixᵉ siècle. La mise en esclavage des Africains a également été remise en question. Plus récemment, les historiens ont soulevé la question de savoir si l’esclavage était réellement une institution légale dans les régions africaines d’où hommes et femmes étaient embarqués de force pour les Amériques. Des enlèvements et des trahisons ont été pratiqués dans les juridictions africaines et dans les régions soumises à la domination coloniale, avec la participation directe ou la complicité des responsables coloniaux et des trafiquants européens, pour alimenter le commerce transatlantique.
Au xixᵉ siècle, avec les initiatives visant à abolir la traite transatlantique, la montée de l’abolitionnisme et l’émergence de politiques d’émancipation graduelle, les trafiquants d’esclaves et les propriétaires d’esclaves ont cherché à garantir leur accès aux personnes asservies par des mécanismes renouvelés de mise illégale en esclavage et de contrebande. Les personnes libres de couleur étaient exposées à ce risque tandis que les affranchis pouvaient parfois être remis en esclavage. Dans le contexte de la montée des États-nations indépendants et des transformations dans la tenue des registres, les propriétaires d’esclaves ont souvent profité des dispositifs bureaucratiques pour légaliser la possession de personnes acquises illégalement, malgré une surveillance publique croissante.
Si l’on reconnaît que les empires coloniaux se sont construits sur l’exploitation des travailleurs esclaves, il est nécessaire de porter un nouveau regard sur l’ampleur de l’illégalité au sein de ces systèmes. La contrebande massive vers Cuba et le Brésil au xixᵉ siècle, et la mise illégale en esclavage qui en a résulté, de plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants africains, avec le soutien des gouvernements locaux, ont généré des richesses qui ont irrigué le système bancaire, renforcé le pouvoir des élites terriennes et naturalisé des actes criminels contre les travailleurs, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui.
Les contributions peuvent porter sur les thèmes suivants, parmi d’autres :
La légalité, ou non, de la mise en esclavage et de l’esclavage dans les sociétés
africaines.
Les débats autour de la mise en esclavage des peuples autochtones d’Amérique.
L’impact de la race sur les pratiques de la mise en esclavage illégale.
Genre et mise illégale en esclavage.
Enfants et mise illégale en esclavage.
Affranchissement conditionnel et remise en esclavage.
Traite transatlantique et contrebande.
Circonstances de la mise illégale en esclavage ou de la remise en esclavage,
et profil des victimes et des auteurs.
Résistance à mise illégale en esclavage.
Réponses institutionnelles face à mise illégale en esclavage.
Formes de légalisation de la mise illégale en esclavage.
Héritages de la mise illégale en esclavage et demandes de réparations.
Les propositions d’articles (entre 500 et 800 mots) sont à envoyer pour le 1er juin 2026 à ciresc.redaction chez cnrs.fr.
L’avis sera rendu le 1er juillet 2026.
Les papiers acceptés (45 000 signes maximum, espaces comprises, bibliographie incluse) devront être soumis en français, en anglais, en espagnol ou en portugais, avant le 1er novembre 2026 impérativement. Ils seront accompagnés d’une synthèse de 3 600 signes maximum espaces comprises. La liste complète des recommandations aux auteur·trices est disponible ici.
Calendrier
Date limite pour l’envoi des résumés : 1er juin 2026
Date limite de soumission des articles : 1er novembre 2026
Validation de la version définitive des articles : 1er juillet 2027
Parution du numéro : novembre 2027
Page créée le mercredi 4 février 2026, par Webmestre.